Un nom pour l’ ARYM : VARDARIA, ВАРДАРИА ( en alphabet cyrillique)

L’ ARYM, pays slave au nom provisoire, a besoin de trouver un nom définitif… Nous pensons qu’il est possible de trouver un nom qui mette en valeur son propre patrimoine historique et géographique, et lève ainsi des blocages nuisibles à son développement et nous proposons VARDARIA, ce qui fait ВАРДАРИА  (alphabet cyrillique).

L' ARYM pourrait prendre le nom, fondé sur son histoire et sa géographie, de VARDARIA, ΒΑΡΔΑΡηΑ
L’ ARYM et les pays voisins

Pourquoi ce nom ? Quels sont les arguments populaires en ARYM même qui le feront souhaiter ?

 

 

 

 

 

Reprenons l’Histoire pour comprendre ce problème et éventuellement trouver une solution pour trouver un nom positif, dont le pays soit fier et heureux, mais qui corresponde également aux réalités d’aujourd’hui tout en respectant les sensibilités des voisins de ce pays lorsqu’elles ont des raisons acceptables : on ne peut penser imposer un nom à un pays sans véritables raisons (rationnelles). Il doit être beau et signifiant car le nom d’une patrie, un véritable patronyme, doit être aimé de ses citoyens…

Dans cette réflexion que nous partageons, nous mettrons en gras les différents noms qu’a pris cette région, noms qui ont servi à la réflexion et au « brain-storming » afin de proposer un nom qui satisfasse les deux parties en présence.

Car il est inutile de se le dissimuler, il vaudrait mieux pour des raisons de bon voisinage et de paix générale qu’il ne comporte pas le mot « Macédoine ».

 

Ce pays a été nommé ARYM, Ancienne République Yougoslave de Macédoine, provisoirement et par convention et s’il veut entrer dans l’Europe, il doit choisir un nom qui ne comporte plus d’ambiguïté avec l’Histoire et la région grecques de ce nom qui se trouve ailleurs.

En effet, comme nous le montrerons, ce pays qui voulait s’appeler Macédoine se situe au Nord de la Grèce et n’a pas vraiment de lien avec la Macédoine d’Alexandre.

Le royaume historique d’Alexandre de Macédoine a son cœur dans le Nord de la Grèce actuelle. Une région de Grèce s’appelle d’ailleurs ainsi. La Macédoine d’Alexandre et de ses successeurs jusqu’à la Grèce d’aujourd’hui  s’inscrit dans le monde hellénique.

Nous avons écrit que ce pays « voulait » s’appeler ainsi : le verbe est à l’imparfait car aujourd’hui, même le « côté slave » du pays actuellement nommé “ARYM”, admet désormais qu’ils n’ont aucune relation avec la Macédoine antique historique : c’est-à-dire qu’ils sont slaves, et non grecs. Il est visible par tous, et ils le reconnaissent, qu’Alexandre le Grand n’a été ajouté dans leurs livres d’histoire qu’il y a dix ans : c’est en effet une décision prise par le maire actuel de Skopje, ainsi que de Kiro Kligorov, leur premier président, https://www.youtube.com/watch?v=9opi-M9E37A). On a également alors baptisé des lieux cruciaux et incontournables (places publiques, avenues, ponts, aéroports etc.) et érigé des statues en référence avec Philippe et Alexandre de Macédoine et les Grecs.

L’ARYM tentait ainsi de propager l’idée qu’Alexandre était de leur pays lorsqu’il a régné : c’était une sorte de propagande non-dite mais très habile car imparable auprès de l’opinion locale et mondiale.

Aujourd’hui, la situation est claire : avoir débaptisé ces lieux est déjà la preuve d’une meilleure appréciation de la réalité historique et un grand pas pour des relations paisibles.

 

Continuons à avancer, à l’aide de faits exacts, dans l’analyse qui permettrait en toute bonne foi et avec un esprit constructif, de trouver un nom qui corresponde au mieux à ce jeune pays aux racines anciennes.

 

L’ARYM s’inscrit dans une région qui, pendant l’Antiquité, avait pour nom Paionia, (Péonie en français) et a eu des frontières qui ont fluctué depuis des millénaires… Homère cite les Péoniens comme alliés des Troyens et selon Hérodote, ils seraient des colons de Troie. Leur fleuve principal était l’actuel Vardar

L' ARYM pourrait prendre le nom, fondé sur son histoire et sa géographie avec son fleuve le Vardar, de VARDARIA, ΒΑΡΔΑΡηΑ
L’ ARYM et son fleuve Vardar, de sa source à son embouchure dans la mer

( nommé Axios en grec ancien et encore aujourd’hui dans sa partie grecque ) dont le bassin s’étend à 87% dans l’ARYM actuelle : c’est le plus grand fleuve de la région et il la dote d’un grand axe incontournable de communication Nord-Sud. Elle était composée de nombreuses tribus, soit d’origine thrace, soit d’origine thraco-illyrienne, ( une noble légende qui remonte peut-être à l’Iran !) avec des guerriers habiles au tir à l’arc et à la javeline, sur un char et à cheval. La langue de ces tribus était probablement proche des langues illyriennes et thraces.

A l’époque archaïque, c’est un royaume indépendant qui a sa propre culture. Il parvient à résister à l’expansion perse durant les guerres médiques, alors que d’autres peuples voisins ont échoué dans leur résistance. Mais par la suite, au milieu du IVème s. av. J.-C., à l’époque hellénistique, n’ayant pu résister à Philippe II de Macédoine et à son fils, Alexandre de Macédoine, ils l’annexèrent avec le nom de Paeonia ou Paionia à la Haute-Macédoine. C’est en effet grâce à ces souverains que le terme “Macédoine” devint célèbre dans l’Histoire, eux qui ont consacré leur vie à accomplir un rêve : créer enfin un front commun de tous ceux qui se revendiquaient de Grèce et en finir pour toujours avec le problème perse qui pesait depuis si longtemps si lourdement sur leurs colonies en Ionie et sur leur commerce avec la Mer Noire et le Moyen-Orient.

Ce nom de Paeonia fut maintenu sous l’empire romain, avec la langue grecque et latine.

Paionia se maintint également, évidemment, sous l’empire byzantin, comme dénomination.

 

Par la suite, sous l’empire byzantin et hellénophone, au 6ème siècle après J.-C., 1000 ans à peu près après Alexandre, des tribus slaves s’installèrent au nord de l’ancien royaume macédonien, et plutôt dans la région historiquement encore nommée Paionia. La population slave devint peu à peu très importante. (Des Bulgares s’y installèrent également, mais certains partiront un peu plus tard ailleurs : les Bulgares resteront toujours minoritaires dans la région).

A ce moment, peut-on parler d’une identité slavo-macédonienne, issue d’une mixité hellénico-slave ? Peut-être, mais elle dut être très relative car en effet, à cette époque, Cyrille et Méthode (https://fr.wikipedia.org/wiki/Cyrille_et_M%C3%A9thode) ont créé l’alphabet slave, donc un alphabet propre à la langue des tribus récemment arrivées en Paionia mais dont l’importance augmentait. La propagation de ces « outils » slaves fut certainement lente. La Paionia bénéficiait alors de deux alphabets, de deux langues, de deux rites chrétiens : une mixité possible existait, certes, mais était-elle complète et à tous les niveaux réunis de la société ? Vu le contexte, sa réalité ne put être que très progressive. … Le Slave, langue des « vainqueurs » l’aurait-il emporté complètement sur le Grec pour beaucoup de raisons et dans bien des domaines, ou le Grec aurait-il conquis ses vainqueurs comme il l’avait fait pour le Latin ? Le Slave semble avoir été en train de l’emporter comme dans les autres régions où le Grec déclinait également, lorsqu’un événement intervint qui modifia cette évolution.

 

Cet événement fit que les composants de cette région ( pour ne parler que des langues : grec/latin/slave) allèrent se complexifier davantage…

Au XVème siècle, les habitants luttèrent contre les Ottomans, mais  l’extension de l’empire ottoman absorba la Paionia  et  introduisit  dans cette région la religion musulmane. Jusque là chrétiens, certains Slaves vont s’islamiser à partir du XVIIème siècle : adoptant peu à peu la langue du Coran et des Ottomans, ils vont se différencier et se distancier des Slaves qui voudront rester chrétiens et hellénophones. Les premiers seront nommés « Albanais » et les autres « Serbes ». (Les Bulgares étaient déjà séparés des autres Slaves, étant issus d’une autre migration.). Peu à peu la langue sera soit slave, soit liée aux Ottomans, et peu à peu le grec  y devient de plus en plus minoritaire.

Jusqu’à ce moment on ne parle toujours pas de « Macédoine », ni dans les dénominations populaires, ni dans les dénominations ottomanes officielles de la région.

Au sein de cette région géographique il y a alors une coexistence des éléments chrétiens-slaves, chrétien-grecs et musulmans-slaves et musulmans-grecs, surtout sous l’empire ottoman. Pendant toutes ces périodes, l’élément grec reste majoritaire et coexiste avec les deux autres composantes.

(À voir sur ces cartes. https://en.wikipedia.org/wiki/Demographic_history_of_Macedonia#/media/File:Balkans-ethnic_(1877).jpg).

À noter que, les chrétiens-grecs sont plus concentrés dans les villes où il y a le commerce, et que la vaste campagne est plutôt chrétienne-slave. L’élément musulman, qui vient avec la haute administration, se trouve aussi majoritairement dans les centres urbains de l’époque

Chaque ville de la région est multiculturelle avec des « quartiers » respectifs. Jusqu’ici tout va bien : la question du nom ne se pose pas et l’on vit sous une espèce de “pax ottomana”. Mais en 1903  l’Insurrection d’Ilinden  contre les Ottomans secoue cette stabilité multi-séculaire   : elle est brisée, mais la question de la « Macédoine » ne cessera d’occuper la scène   ( déjà sous ce nom …) dans les années 20, 30 et 40.

Les guerres balkaniques modifieront la situation,  peu  avant la 1ère guerre mondiale. (https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerres_balkaniques)

Le problème va commencer quand les royaumes hellénique, serbe et bulgare, vont faire front commun contre l’empire ottoman en expulsant des Balkans les Ottomans.

Alors sur les ruines de l’empire ottoman dans cette région des Balkans, on va créer, après négociations, de nouveaux royaumes : entre autres, trois royaumes : ceux de la Grèce, de la Serbie et de la Bulgarie, et la région correspondant autrefois à la Paionia sera partagée… en trois.

A ce moment le Royaume Hellénique va s’appuyer sur l’Histoire, sur le folklore du passé et sur une démographie qui est un atout afin de revendiquer pour lui la région et la ville de Thessalonique au nom de la Macédoine Antique qui avait fait alors partie de la « Grèce » et en avait même pris la tête un temps. Cette demande sera alors soutenue par les puissances de l’époque. Les Serbes, alliés des Grecs, auraient pu s’y opposer mais ils n’avaient aucun problème avec ce plan : ils ne revendiquaient pas du tout le nom “Macédoine” ( voir paragraphe suivant ). L’ancienne région historique de la Macédoine ( celle d’Alexandre) sera donc incorporée dans le nouvel état grec, et elle fera partie de cet état, avec Salonique (Thessalonique) comme capitale régionale : elle se retrouve libérée des Turcs/Ottomans et retrouve son identité hellénique antique, jamais oubliée.

Le royaume de Serbie, grâce aux mêmes accords, aura des relations de bons voisinages avec la Grèce : cela ne la contrarie pas de descendre jusqu’à la Grèce et d’avoir des frontières communes avec un pays chrétien orthodoxe. Certes, le territoire serbe comporte 30% de la région géographique qui avait été conquise par Alexandre, mais depuis cette « occupation grecque, tant de siècles ont passé… Le Grec n’y est plus parlé, mais le Slave, et les Serbes n’ont aucun intérêt d’aller plus au sud, vers ce qui est la Macédoine grecque contemporaine. La Serbie comprend entre autres une partie importante de l’ancienne région appelée Paionia qui prendra un nom nouveau, dérivé de son fleuve le plus important : le magnifique Vardar. (https://en.wikipedia.org/wiki/Vardar_Banovina). Elle s’appellera Vardarska (« la région du Vardar ») un patronyme qui convient à leur patriotisme et à un sentiment de renouveau et d’indépendance. La région est alors peuplée essentiellement de Slaves, ainsi que de Bulgares et d’Albanais, mais elle est slavophone, et a intégré sauf exceptions, les arrivants dans cette langue.

Il faut noter qu’en 1912, lors du partage de la Macédoine en trois entre la Grèce, la Bulgarie et la Serbie, il y avait comme régions la Macédoine de l’Egée (Grèce)1, la Macédoine du Pirin (Bulgarie), et, en Serbie, la Macédoine du Vardar dite également Serbie du Sud, noms populaires pour la zone qui correspond à peu près au territoire de l’actuelle ARYM mais dont le nom officiel était, comme nous l’avons dit plus haut, la Banovina ( =la province ) du Vardar.

 

Tout semble équilibré. Un nouveau calme est atteint, chacun ayant en quelque sorte une identité heureuse.

Tout aurait pu en rester là et le Vardar couler dans une Vardarska paisible, car, contrairement à ce que l’on peut croire, ( Ah ! la question des Balkans ! ) cette période de stabilité dans les relations avec la Grèce a résisté même à la seconde guerre mondiale.

 

C’est en effet, paradoxalement, seulement après la fin de la seconde guerre mondiale qu’elle sera interrompue.

En 1944, l’hymne national qui rend hommage aux résistants, est composé à la gloire de la Libération, hymne qui comprend le nom « Macédoine » : un hymne national est souvent excessif dans ses expressions ou revendications, et, s’il est décalé, il peut être conservé comme témoignage à relativiser concernant une certaine époque : toutes les paroles de notre Marseillaise française ne sont pas à mettre en œuvre aujourd’hui ! – Cet hymen très aimé est certes toujours en vigueur, mais pourrait bénéficier d’une telle analyse …

A l’issue de la guerre, le maréchal Tito gérait la nouvelle Yougoslavie ( un nom qui signifie «Le pays des Slaves Unis ») fédérale, étant du côté soviétique, va tenter de réaliser plusieurs rêves en un seul : avoir une sortie vers la mer, étendre son pays, étendre le plus possible l’influence de l’URSS, de ses analyses et de sa politique. Tito regarde donc entre autres vers le Sud : la présence dite occidentale dans les Balkans étant alors essentiellement constituée par la Grèce, il regarde en particulier vers Thessalonique et sa région de Macédoine de l’Egée….

Il ne se lance pas dans une guerre armée, mais dans une guerre d’opinion : il sépare de la Serbie sa région connue jusqu’alors sous le nom de Vardar Banovina (actuelle Ancienne République Yougoslave de Macédoine) en lui attribuant le statut de composante fédérale et en la renommant « République Populaire de Macédoine » et par la suite «République Socialiste de Macédoine» :

https://en.wikipedia.org/wiki/Socialist_Republic_of_Macedonia.

Une sorte de propagande a commencé alors, et son premier objectif, non avoué explicitement, fut de faire croire d’abord que la région serbe et slavophone ainsi renommée est et était la Macédoine d’Alexandre. Toute une génération va grandir avec ce rêve basé sur une falsification de l’histoire de la Macédoine antique grecque, sur une usurpation d’identité dont le peuple n’est pas conscient. Il s’agit pour Tito de faire naître le sentiment d’appartenir à une «nation macédonienne» ; puis l’opinion que ce sont des frères qui habitent dans la « Macédoine de l’Egée », des frères qui subissent l’occupation des Grecs modernes qui les ont envahis…  Les Yougoslaves peuvent y être sensibles, eux qui se sont glorieusement battus  comme les Grecs contre les Nazis et pour la liberté… L’objectif à long terme de Tito serait que ses concitoyens pensent qu’ils devraient retrouver leurs frères.  Un objectif qui reposait sur des contre-vérités historiques plus ou moins sciemment mises en place.

Cependant, le processus entamé n’a pas abouti à une guerre de « libération » car un événement est venu le stopper : avec la chute du rideau de fer, la Yougoslavie est dissoute. Les partis au pouvoir changent brutalement parfois, mais pas forcément ce que croient les gens, en particulier lorsqu’ils cherchent des compensations ou une nouvelle identité : en 1992, un nouveau drapeau est adopté qui porte en son centre le Soleil de Vergina, un symbole très lié à Philippe de Macédoine car trouvé dans son tombeau…

Après 1993, comme le nouveau pays avait souhaité entrer aux Nations Unies, le Conseil de sécurité a recommandé d’exaucer ce vœu et la Grèce, désireuse de bon voisinage, y donne son accord à la condition explicite que le nom Macédoine ne soit plus utilisé. C’est donc avec un nouveau nom qu’une résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies, admit le pays, de façon très rapide mais le nouveau nom n’était que provisoire, jusqu’à ce qu’une solution convenant aux deux parties soit trouvée pour rendre définitive son admission conditionnelle, conformément à l’accord signé.

Ce nom provisoire, Ancienne République Yougoslave de Macédoine ou ARYM, n’est pas pratique à vrai dire et n’est pas souvent utilisé ni en entier ni par ses initiales. Une partie du pays revendique son indépendance, se cherche un nouveau nom, puise son inspiration dans un passé qu’il ignore encore être faux et se met à revendiquer le nom même de « Macédoine » (événements de 1991) en le martelant à travers les lieux, les cartes, les manuels scolaires, les livres d’histoire, et en utilisant des symboles comme le Soleil de Vergina. Derrière cette insistance, se trouve peut-être encore le désir de reprendre Salonique, un accès vers la mer, les ports, chasser les « occupants » de la région etc. La Grèce et le bon sens s’y opposent, et c’est contre cela que s’élèvent la plupart des nations et ceux qui veulent la paix et refusent des nationalismes belliqueux artificiellement enflammés sur allégations fausses.

 

Le temps passe, et nous passons sur de nombreux événements.

L’ARYM, seule ou selon certains poussée par les Etats-Unis, désire désormais rejoindre l’OTAN puis l’Europe dont fait déjà partie la Grèce, sa voisine…

L’Europe a déclaré le refuser tant que la Grèce, très concernée, n’a pas validé un nouveau nom définitif qui sera ensuite validé internationalement. L’ARYM a modifié le drapeau créé en 1992 et le remplace par un soleil stylisé : c’est le début d’un long processus.

 

Pour le bien de tous, une solution doit être trouvée : il faut en « finir avec ce problème » qui dure depuis 27 ans, avec comme médiateur spécial de l’ONU, M. Nimetz.

On lit çà ou là que pour aller au plus pressé, certains, et paraît-il les USA en particulier, accepteraient que cet Etat s’appelle Macédoine tout court : serait-ce parce que les USA sont loin dit-on, d’avoir la culture historique de nos vieux pays ?!! Cette allégation est vraie ou fausse, mais une chose est sûre : la démonstration en est claire, le terme de Macédoine ne peut pas définir réellement ce pays habité depuis des siècles essentiellement par des Slaves, ni lui être en quelque sorte réservé.

 

Ce pays est encore naissant. Depuis plus d’un millénaire, il a une langue qui est slave et s’écrit en cyrillique, mais il a malheureusement subi plusieurs accidents qui font qu’il a du mal à se trouver des facteurs d’unité et d’identité. Un tiers des habitants sont musulmans et Albanais ; 2/3 sont plutôt Bulgares et/ou Slaves d’origine. Ils ont besoin aussi d’une idée, d’une noble idée, afin de se réunir et de ne pas dissoudre.

Mais une identité de pays ne peut se construire sur une erreur ou une falsification de l’Histoire et des faits, qui plus est, si elle passe par l’appropriation du patrimoine national, historique et culturel d’un autre, ce qui peut avoir des conséquences encore plus graves s’il s’agit d’un voisin immédiat…

Le nom Macédoine et sa réalité appartiennent évidemment à la Grèce actuelle pour des raisons de réalité historique incontestable et incontestée. Notons aussi que la Grèce elle aussi a besoin de conserver son histoire, son identité : c’est actuellement son seul « avoir ». Déjà en crise, elle se sent menacée, encore une fois, une fois de plus, sur un terrain inattendu, ce lui de son passé et de son essence.

 

Quel nom satisfaisant pour l’ARYM et ses citoyens pourrait donc reprendre toute cette Histoire que nous avons retracée ?

 

 

  • Si on doit dire Nouvelle-Macédoine dans la langue pratiquée en ARYM, cela se dit Нова Македонија, Nova Macedonia : il faudra qu’il soit toujours écrit ainsi en anglais comme en français etc. C’est long et ce n’est pas commode pour créer des adjectifs.

  • Tout nom composé ( y compris le précédent ) comportant le mot « Macédoine », type « Nouvelle », « du nord » ou « Haute » ne changera probablement rien car on raccourcira et tout le monde appellera ce pays « Macédoine » : ce nom, utilisé dans ce contexte, contient les mêmes graines dangereuses d’impérialisme et de nationalisme, qui ne sont que trop en germe dans la région et débouchent sur des guerres.

Le seul terme qui pourrait avoir une logique serait “Slavomacédoine” en un seul mot et sans trait d’union : ne sera-t-il pas lui aussi ressenti inconsciemment comme justifiant des revendications frontalières ? L’on risque de retomber dans le cas précédent.

 

Il nous semble que la logique permet de trouver mieux à proposer pour cette patrie.

Pour supprimer ce point de friction, il serait peut-être bon de revenir au nom précédent, Vardarska, ( « la région du Vardar » ) un nom qui fut le sien, correspond bien au pays et serait bien accepté. Nova-Vardarska pourrait aussi aller mais il est bien long à manipuler pour notre époque moderne…

Comment alors renouveler ce nom en le rendant plus court ?

Il serait logique de le construire encore aujourd’hui sur le nom du fleuve Vardar : c’est en effet un trait d’union entre les Slavophones de cette zone : ce beau fleuve prend sa source au Nord de l’ARYM actuelle et son bassin couvre plus de 27 000 km2 : 87 % sont en ARYM et 11% en Grèce 2. Les pays qu’il traverse doivent coopérer pour gérer les eaux et protéger la nature : son delta, réserve naturelle importante, est menacé par des pollutions en amont. Sa vallée est le principal axe de communication du pays ; mais elle est aussi très importante pour tous les Balkans puisqu’elle permet de joindre par le train et la route la Serbie et Belgrade au nord et Thessalonique et la la Grèce au sud, en passant par Skopje.

Puisque le fleuve Vardar lui-même est une réalité géographique et riche d’histoire, il est facile de se calquer sur les noms de ses voisins, la Bulgarie, la Serbie, ( et leurs dérivés : bulgare, serbe… ) et sur le génie de la langue locale pour construire un nom propre nouveau pour ce pays :  ВАРДАРИА  ou VARDARIA.

Court, moderne, facile à transcrire dans toutes les langues ( Vardary, Vardaria, Vardarie etc.), VARDARIA est facilement dérivable en adjectifs ( vardarian, vardare etc.). Peu d’arguments s’opposeraient à cette dénomination nouvelle – sans passé « difficile ».

VARDARIA est un nom qui semble déjà familier tant il est clair, significatif et logique. Il est porteur de positif. Son choix sera un facteur de paix et le déclencheur de développements partagés avec ses voisins. Son nom lui permettra d’entrer sereinement dans l’Europe, de s’ouvrir et de profiter à fond de tous ses atouts.

 

L’ARYM muera, sans nier qu’elle a fait partie des conquêtes hellénistiques de Philippe et d’Alexandre de Macédoine, de l’empire de Byzance, mais en reprenant à son compte la belle renommée des Péoniens et de la Vardarska.

Le pays pourra écrire alors une nouvelle page de son histoire, une histoire espérons-le stable et heureuse, celle d’une patrie rajeunie appelée VARDARIA, leur ВАРДАРИА.

 

 

Marguerite Champeaux-Rousselot, professeur de lettres, historienne et anthropologue

Georges Papaioannou, professeur certifié d’Anglais

2018-05-01


  1.   Aujourd’hui encore, la partie principale de la Macédoine historique est située dans les frontières actuelles de la Grèce : sa partie nord, appelée Macédoine depuis la début de l’Etat grec moderne est habitée par 2,5 millions de citoyens grecs. 
  2.    En Grèce, il prend le nom d’Axios et débouche dans le Golfe thermaïque, en mer Egée, non loin de Thessalonique. 

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