A propos des dettes allemandes envers la Grèce. (2011-10-12)

D’autres pays que la Grèce ont des dettes d’ordre financier … qu’on leur remet ( en Afrique par exemple) et cette générosité portera des fruits pour tous.

Certains pays qui avaient des indemnisations  à verser à des victimes ont bénéficié de comportements généreux de leurs débiteurs. Et un pays en particulier n’a toujours pas versé à la Grèce les indemnités très importantes qui lui sont officiellement reconnues depuis la dernière guerre mondiale, indemnités qui ne peuvent être effacées par le temps.

Le site 1-360.net a rassemblé de nombreuses informations ( en français, en grec, en allemand ) au sujet du comportement généreux  qu’il semble qu’on ait ( eu ) envers  un pays endetté, l’Allemagne. Ces informations, à ma connaissance, n’ont pas été contredites. Vous pouvez réagir en nous écrivant : nous modifierons si nécessaire aussi bien des insuffisances de traduction ( un vocabulaire inhabituel pour nous ! Si quelqu’un veut nous aider… )  que sur le fond s’il y a des erreurs, ou des changements à venir.

 

Pour résumer ces informations, au cours du siècle dernier, l’Allemagne s’est trouvée trois fois « en faillite » : d’abord  en  1931, lors de la crise de 29, où l’Allemagne qui ne pouvait plus payer ses dommages de guerre après la Première Guerre mondiale,  a connu l’indulgence des Etats-Unis qui ont  alors renoncé à des sommes considérables. Ensuite en 1953, après la seconde guerre mondiale où pourtant on avait veillé  à ne pas enfoncer trop les vaincus  pour ne pas reproduire le passé. Enfin en 1990 où l’Allemagne n’a déclaré ne pas pouvoir faire face à ses obligations de remboursement des dommages de guerre  qui avaient été reportés  à  la réalisation de la réunification : elle n’a réglé  pour le moment que les indemnités versées aux travailleurs forcés.

Ces remises de dette et ces reports sont à l’origine du miracle économique allemand. Ce qui se comprend  fort bien !

En comparaison, la taille du défaut financier grec serait presque insignifiante.

Si l’Allemagne a pu se relever, c’est entre autres grâce à la générosité des Etats-Unis mais aussi à d’autres pays. Générosité certes, mais si certains de ces pays sont « en retard » sur l’Allemagne, il ne serait peut-être pas injuste ni déplacé de dire que ce miracle allemand a pu éventuellement avoir lieu à leur « détriment ».

 

Il ne s’agit pas pour nous de demander que la République fédérale paie les dettes allemandes  ( encore que … ) mais tout simplement de le faire savoir, parce que je trouve satisfaisant et logique  qu’on ait repoussé le remboursement de celles-ci à des périodes où elle aurait été capable de le faire, ( et la dette allemande  sera même probablement définitivement  remise même  si elle est « riche » aujourd’hui ), et que je trouve qu’on peut faire de même avec la Grèce  pour les mêmes raisons ( comme probablement avec d’autres pays pauvres).

Il s’agit d’éviter deux poids,  deux mesures quand cette façon de compter prépare une faillite assurée pour un pays,  faillite assortie peut-être d’un effet domino.

Dans cette réflexion apolitique et laïque, je n’ai pas peur de citer un passage d’un texte fort ancien  où il y un texte presque  humoristique tant il a de bon sens, mais qui est dramatique, à propos d’un débiteur à qui son Maître et créancier  remet sa dette de 10000 talents,  et qui ensuite précipite en esclavage celui qui ne peut lui en rembourser   100 deniers …[1]

Il y a ici une question de proportionnalité, de relativisation qui doit détendre l’atmosphère avec du réalisme et du bon sens.

 

Il ne s’agit pas pour nous de demander à l’Allemagne de payer sa dette  ( encore que … ) mais tout simplement qu’elle soit un moteur actif à son tour pour plaider en faveur d’une remise de leur dette aux Grecs. Ceux qui ont prêté de l’argent  à la Grèce en spéculant plus ou moins honnêtement, seraient alors contraints de renoncer à une bonne part de leurs créances. Mais il est probablement utile  que certains coupables récoltent ce qu’ils ont semé, et que l’exemple d’une solidarité entre les pays soit donné sans pénaliser ni les Etats les plus démunis, ni les citoyens les plus pauvres, mais par une libre décision raisonnée e chacun, pays et citoyens.

Si après des guerres cruelles, des hommes du camp des vainqueurs et des victimes, des Schuman et autres,  ont pu avoir un comportement hautement éthique à l’époque ( ne pas enfoncer un vaincu) , il me semble  à plus forte raison que notre Europe doive secouer le joug de combattants financiers trop près de leurs propres sous pour songer à l’intérêt commun.

 

Anéantir un « vaincu », on l’a bien compris après le traité de Versailles,  prépare des guerres ou sinon des tensions… Au contraire, aider un pays malade  – surtout ou  éventuellement avec une ordonnance et des traitements, bref,  des conditions,   qui l’aident précisément   à guérir –  change tout… ( N’oublions pas que nous sommes nous aussi endettés plus qu’on ne le croit en général, – USA, France et aussi Allemagne – , mais ce serait l’objet d’une autre chronique )    ,

Il me semble que ce serait un argument solide pour valider très honorablement cette remise de dette grecque dont on parle de plus en plus car elle semble inévitable de toute façon.
D’autre part, l’Allemagne pourrait ainsi reconnaître ses dettes et tourner la page de façon très honorable.
La Grèce se verrait ainsi donner une chance de prendre un nouveau départ, la même chance qui a été donnée   à l’Allemagne à plusieurs reprises, et que cette dernière a  saisie  à pleine main, pour le bien de la future Europe. L’Allemagne serait de toute façon pénalisée au premier chef elle aussi par une vraie faillite de la Grèce.

Un pas à faire, pour lequel militent cœur et raison, raison et coeur.

Marguerite Champeaux-Rousselot