Le gain, le profit, de bonnes choses en soi

Le gain et  le profit,  le « plus »,  sont de bonnes choses en soi, en général…

La description réaliste de notre monde témoigne souvent de notre  tristesse et de notre inquiétude et montre l’étendue de nos besoins.

J’aimerais, en complément,  resituer la question du « gain », en me  focalisant surtout sur la question matérielle et financière,  dans la durée et dans l’ensemble de la vie sur terre : le fonctionnement de la nature, celui de l’individu, celui de la société et de l’humanité sont semblables.

Le gain n’est pas mauvais en soi : en effet l’individu a conscience des aléas de la vie et veut progresser ; il a en lui le  désir, vital et naturel,  de la santé physique et du bonheur en tous domaines que le gain, en tous domaines lui aussi, peut faciliter. C’est pourquoi, lorsqu’un penseur envisage un programme pour la société, le gain est le but toujours sous-entendu  ( capitalisme, communisme, socialisme, anarchisme, religion, athéisme, philosophie, éthique, morale…).

A notre époque, les hommes qui étaient depuis toujours frères, sont devenus vraiment  voisins et plus liés économiquement qu’auparavant. Comment lutter contre les excès égoïstes de quelques uns,  aux dépens d’autres à court terme et aux dépens du monde entier à long terme ?

De même qu’il y a des équilibres dans les échanges naturels, de même mon propre  gain ne doit pas – et ne pourrait pas rationnellement –  se faire aux dépens de l’autre : le  progrès est pour tous et se fait tous ensemble. Parents, profs, politiques, religieux, syndicalistes,  peuvent soutenir cette idée, à condition d’abandonner tout égoïsme et corporatisme. La fraternité  et la justice sont les règles  d’une économie rationnelle et durable. Savoir garder sa place, respecter celle de l’autre est une règle universelle  de bonne gestion pour un progrès équilibré (  dépenses de guerres et destructions irréfléchies  de tous ordres  à compenser ensuite ). Se mettre à la place  de l’autre et gérer avec lui sont les plus efficaces des moteurs de progrès. Une réflexion rationnelle à long terme sur les dépenses permet la suppression de dépenses inutiles : deux puissants accélérateurs de progrès, dont le deuxième ne coûte rien.

C’est en quoi le tableau de ce monde mauvais peut être  complété par un tableau symétrique : certains  – et plus souvent des individus que des états ou des groupes – vivent déjà le don, la gratuité, le pardon, la générosité, l’altruisme ; pour eux le gain égoïste n’est plus la plus haute valeur.  En ce cas le dilemme : « sécurité de la cage ou liberté dangereuse », serait résolu : la liberté serait aussi sûre que la cage. Il s’agit donc de  définir d’abord le profit bon pour tous  et le moyen d’y arriver : depuis des siècles les expériences humaines et  les exemples variés ne manquent pas : à nous tous, abeilles, de les faire connaître et de ne pas baisser les bras.

M. C.-R.