Protection sociale concentrique : de l’individu au monde. (2010-05)

Protection sociale concentrique : de l’individu au monde.                        (2010-05)

 

Nous, les parents de France,  nous voulons pour nos enfants, une bonne éducation, une bonne  santé grâce à la prévention et à la sécurité sociale, la possibilité de gagner leur vie et de préparer leur retraite, et tout cela n’est possible que grâce à la protection sociale au sens le plus large.  Nous disons que la protection sociale nous coûte cher, mais nous savons que c’est  elle  qui nous protège le mieux des crises ( économie, retraite, maladie, vieillesse ).

Les économistes savent que c’est elle  qui  permet une consommation assez stable et donc  évite du chômage. Ces dépenses qui ont des conséquences positives entre autres sur notre économie peuvent donc être considérées comme des dépenses d’investissement : lourdes au début, elles ont un effet levier à plus ou moins long terme.

 

Ce raisonnement, que les parents tiennent pour leurs propres enfants et que chacun tient pour soi,  est à étendre ailleurs et vaut pour le monde entier.

Une meilleure protection sociale  mondiale aurait  également un effet levier économique sur la société mondiale.

 

Actuellement on note des disparités mondiales sur le plan de la protection sociale, avec pour conséquence, des révoltes en acte ou en gestation.  Ce sont soit  des révoltes individuelles contre son patron,  soit des révoltes de catégories sociales contre d’autres dans un pays,  ou encore des révoltes de pays sans protection ou endettés contre d’autres qui en bénéficient. Ce sont des activités illégales qui sont rentables pour quelques uns mais font de nombreuses victimes ( culture  de la drogue, trafic d’armes, esclavage humain,  exploitation sans réflexion de notre Terre, spéculation, secret bancaire, évasion fiscale, etc.). Ces réactions qui sont presque excusables lorsqu’elles relèvent de la survie de victimes elles-mêmes, sont totalement  condamnables lorsque la survie de leurs auteurs n’est pas ou plus  en cause.

C’est pour éviter que de tels comportements soient rendus presque nécessaires qu’on doit établir une protection sociale dans tous les pays.

On pourrait classer les pays  qui en sont dépourvus ou presque en deux groupes :

– un groupe où le développement qu’ils connaissent actuellement  permettrait de le faire tout de suite.  Dans ces pays,  les nouveaux milliardaires le sont devenus aussi aux dépens de leurs concitoyens… Ces pays représentent des populations très importantes. Ils ont désormais des avoirs énormes et peuvent même racheter des dettes souveraines,  et ceci est au prix de comportements comme nous l’avons dit inacceptables désormais. Ils courent d’ailleurs le  risque de violentes révoltes internes,  et contribuent au déséquilibre mondial en politique extérieure. Si ces pays amélioraient leur protection sociale par une fiscalité plus juste, ils ne seraient pas perdants, au contraire !   En effet, deux points peuvent faire réfléchir un entrepreneur  ou un dirigeant qui développe rapidement son entreprise ou son pays  sans y faire les investissements d’une protection sociale suffisante. 1°) S’il installait cette protection sociale, la consommation interne serait (re)lancée au fur et à mesure à court terme mais aussi le développement général du pays. 2°)  Cet entrepreneur ou ce dirigeant investit souvent ses bénéfices dans les pays déjà développés et qui ont une protection sociale avancée, ( qu’ils concurrencent directement puisqu’ils n’ont pas les mêmes charges et dont ils causent les faillites) : ce processus cause des crises financières où ils seront eux-mêmes perdants finalement à long terme.

– un autre groupe où le développement inexistant ou très faible ne le permet pas encore. Pour ces pays, une protection sociale de démarrage représenterait  un coût peu important et pourrait presque être financé en évitant l’évasion fiscale, la corruption, si les Banques jouaient un rôle de transparence. La responsabilité des Banques complices est grande, tout autant que celles de pays qui feignent de ne pas voir les infractions aux  Droits de l’Homme et à la Démocratie. En sus de ces fonds qui devraient revenir  à ces pays,  les fonds de solidarité peuvent jouer car là aussi  des investissements qui permettent la consommation responsable permettent aussi  les échanges économiques respectueux et évitent des délocalisations brutales douloureuses et  mal perçues chez eux.

 

La protection sociale, si elle renchérit d’abord le coût à l’exportation, est en fait comme tout investissement  à long terme : un moteur de croissance interne qui permet à ceux qui sont mieux protégés de consommer et de se développer pour le bien de tous ; c’est aussi un facteur de prévention de risques, de souffrances et de dépenses. Mais une fois ces bénéfices acquis, l’avantage atteint le secteur externe : l’investissement produit ses effets. Une population mieux éduquée, plus stable, avec moins d’illégalités qui la blessent,  voit augmenter sa production en même temps que sa rentabilité. Elle exportera également mieux. Un cercle vertueux s’est mis en place.

 

C’est encore un domaine où  justice et fraternité sont les clés du progrès. Logique économique et logique  relationnelle vont ensemble à condition de voir à long terme  et non égoïstement. Les raisonnements  à tenir pour l’individu, la famille, la société, un pays ou le monde, sont les mêmes.

P.B.