Nous sommes tous Grecs : appel de solidarité avec la Grèce, riche de signification

Nous mettons, pour la Grèce, sur notre site  cette information sur l’appel « nous sommes tous Grecs ! « ,  qui comprend une explication sur ce mouvement, la façon dont il s’est diffusé jusqu’ici, l’appel lui-même, et la demande à  faire,  ainsi que les modalités pratiques pour y participer et  le diffuser.

L’idée remonte à novembre 2011. Lourdement endettée, la Grèce est montrée du doigt. Elle se voit imposer une austérité sans précédent, et qui espérons-le sera comprise plus tard comme une erreur commise par des économistes impréparés  à cette situation.

« Nous ne pouvions accepter une telle humiliation du peuple grec, accusé de tous les maux, désigné collectivement comme coupable », raconte Luc Douillard, un enseignant nantais qui rappelle ce que la démocratie doit à la Grèce.

Une poignée d’agitateurs d’idées, de l’association culturelle et citoyenne Nantes est une Fête, met en ligne un texte. Avec une formule type pour envoi à l’ambassade de Grèce. Les signataires y demandent à bénéficier de la double nationalité.

Pendant un mois, l’appel fait son chemin. Luc Douillard évoque 36 000 visites pour le blog Je suis Grec aussi,  (  http://jesuisgrec.blogspot.com/) avec des signataires des Pays-Bas, Philippines, Algérie ou Uruguay. « C’est avec des larmes aux yeux que je vous adresse ce petit mot d’amitié », écrit un universitaire grec.

« Tout s’est accéléré le week-end dernier, quand la presse grecque s’est saisie de l’affaire », poursuit le Nantais. Il a reçu des appels de journaux et de télévisions, dont le grand quotidien d’Athènes Ta Nea.

À l’ambassade de Grèce à Paris, le conseiller Efthymis Aravantinos confirme l’écho de l’appel de Nantes dans son pays. Intéressés par des reportages, neuf médias grecs l’ont contacté. « En cette période de crise, les Grecs, pour lesquels les sentiments sont importants, ont besoin de signes de solidarité. »

Le conseiller a envoyé un message de remerciement aux Nantais. Pour la double nationalité, il les renvoie fort diplomatiquement vers les consulats. L’obtention implique de vivre en Grèce. Peu importe. « On est dans le symbole, reconnaît Luc Douillard, un peu comme les manifestants de 1968 se disaient Juifs allemands en solidarité avec Cohn-Bendit… »

Cet article signé de Marc Leduc  a été publié dans Ouest-France . Le journal Ouest-France, diffusé dans l’ouest de la France et à Paris, est le premier quotidien français en terme de diffusion, avec environ 800 000 exemplaires vendus chaque jour.

Cet article est paru en dernière page, commune à toutes les différentes éditions du journal (environ une quarantaine d’éditions locales, soit 600 pages différentes par jour, couvrant 12 départements de la Bretagne, de la Basse-Normandie et des Pays de la Loire).
Voir aussi sur le site du journal :http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_–Nous-sommes-tous-Grecs-disent-des-Nantais-_3639-2028430_actu.Htm?xtor=RSS-4
Le même jour, le journal quotidien Presse-Océan, publié à Nantes, a consacré une page entière au même sujet.

Les radios Radio Bleu Loire Océan, Hit FM,  et Eur(a)dioNantes s’en sont fait écho également.

www.1-360.com relaie également cet appel et propose que cette idée se diffuse !

L’appel :

 Appel
Par solidarité, je suis Grec aussi !

Nous demandons la double nationalité


Parce que le peuple grec subit l’humiliation, soyons solidaires face aux riches du monde entier. Demandons tous symboliquement la nationalité grecque !

Indignés par la lâcheté et le manque de vision des gouvernements occidentaux – dont le nôtre[1]– face à la dictature des marchés financiers, et révoltés par l’humiliation faite en ce moment au peuple grec, honteusement accusé d’intempérance et de tricherie, désigné collectivement coupable sans pouvoir se défendre[2], condamné à l’austérité sans fin et à la contrition pénitente, dans des termes qui rappellent le langage du Maréchal Pétain en 1940 sur l’ordre moral, « l’effort » et « l’esprit de jouissance »,

Nous n’avons décidément pas oublié que ceux-là qui sacrifient aujourd’hui la Grèce à la spéculation financière, en feignant d’espérer que le « fascisme économique » se contentera de ce petit pays, et qu’il les épargnera eux-mêmes… sont les mêmes que ceux qui abandonnèrent la Tchécoslovaquie à Adolf Hitler, à Munich en 1938, en espérant qu’il se satisferait de cette nouvelle proie offerte, après le lâchage de l’Espagne républicaine[3].

Nous ne supportons plus que les nouveaux riches (1% triomphants du monde globalisé) ignorent la vraie dette morale que l’Humanité doit à la nation grecque[4], parce qu’elle a donné à l’Europe le premier germe d’une démocratie directe[5], basée précisément sur l’abolition des dettes et l’émancipation des citoyens réduits en esclavage pour endettement, c’était il y a 2500 ans[6],

Nous n’acceptons pas que pour la première fois dans l’Histoire de l’Humanité, une nation perdrait sa souveraineté politique pour un simple diktat de rentabilité financière des placements des 1% de privilégiés du monde entier, qui ont pu s’acheter des Bons des trésors publics.
Nous ne laisserons pas calomnier le peuple grec à la place de la responsabilité de quelques profiteurs et trafiquants internationaux, et de leurs complices.

Par tous ces motifs, nous sommes tous Grecs et Grecques. En conséquence, par un signe clair, voici venu le moment de ne plus collaborer un instant de plus par notre passivité avec la mise sous tutelle financière de la Grèce[7]. Nous voulons donc nous solidariser avec la Grèce et partager, au moins symboliquement, le destin de son peuple.

Nous demandons donc aujourd’hui à bénéficier de la double nationalité grecque, nous en faisons la demande formelle à l’ambassade grecque dans notre pays, et nous rendrons publique cette démarche avec une première liste de signataires, le 24 novembre 2011, date anniversaire d’une action importante de la Résistance grecque, réalisée au viaduc du Gorgopotamos dans la nuit du 24 au 25 novembre 1942[8].
« Appel de Nantes pour la Grèce », le 11/11/11.

Demande de nationalité grecque

« Monsieur l’ambassadeur, en solidarité avec votre pays, je sous-signé/e ……………… demande personnellement à être compté/e parmi les Grecs et Grecques de cœur, à jouir des droits et devoirs des doubles nationaux, et à exercer cette citoyenneté internationaliste en vue d’établir une démocratie universelle libertaire et égalitaire, vingt-cinq siècles après les premiers temps de Solon, Clisthène et Périclès. Merci d’avance pour votre réponse, et en fraternité avec votre peuple. »
J’indique mon nom ; ma ville et pays de résidence ; ma profession ou toute autre qualité significative (blogueur, musicienne, père de famille, étudiante, hellénisant, âge, etc.) :
NOM, Prénom ……………………………. Ville ………………….. Pays de résidence………….
Profession ou qualité …………………………………………………………………………………

 

Où s’adresser ?

–Pour la France, écrire par mail à l’Ambassade de Grèce, République hellénique, 17 rue Auguste-Vacquerie, 75116 Paris (Téléphone : 01 47 23 72 28, Fax : 01 47 23 73 85 ).

–Je fais un copié/collé de ce texte ou bien j’écris une lettre personnalisée à l’ambassade, et je peux l’envoyer tout de suite à la liste d’adresses-mail suivantes (copier/coller la ligne) :
mfapar@wanadoo.fr, grinfoamb.paris@wanadoo.fr, info@amb-grece.fr, grpresse@magic.fr, jesuisgrec@numericable.fr,
(La première adresse est celle de l’ambassade grecque à Paris, les deux suivantes sont celles de son bureau de presse et communication qui doit être informé de votre démarche, la quatrième est celle du bureau grec auprès du Conseil de l’Europe à Strasbourg, la dernière Jesuisgrec@numericable.fr, est l’adresse liaison de cette initiative, pour information et coordination).
–Je peux également aller poster un commentaire personnel sur le blog dédié : http://jesuisgrec.blogspot.com/

Cette démarche personnelle et collective de demande de la nationalité grecque n’appartient qu’à tous ceux et celles qui l’entreprendront et n’est dirigée par aucun parti ou institution. Elle est proposée par l’association culturelle N.e.u.f. (« Nantes Est Une Fête ! »[9])

Précisions techniques  :

Il existe un consulat général grec à Marseille, ainsi que des consulats honoraires dans une vingtaine de villes françaises.

Voir la liste : http://www.levoyageur.net/ambassade.php?pays=GRECE

Dans les magasins spécialisés, un drapeau grec d’1 m x 1,5 m, avec hampe, coûte environ 30 euros, un petit drapeau de table coûte environ 3 euros.
Tous contacts :

jesuisgrec@numericable.fr
http://jesuisgrec.blogspot.com/

 

 


[1] Nous n’oublierons jamais le mépris paternaliste pour la Grèce des dirigeants de l’Allemagne et la France, attitude arrogante et vexatoire d’autant plus scandaleuse que ces deux pays sont de grands fournisseurs d’armes ruineuses à la Grèce.

Nous avons honte du couple Merkel et Sarkozy, faisant la leçon doctorale à la Grèce à terre, lui assénant de force une thérapie aussi impérieuse et inepte que la médecine à base de saignée du temps de Molière, une médecine qu’ils rêvent tout haut d’administrer ensuite à leurs propres peuples.

[2] Ni même s’exprimer par un référendum.

[3] Churchill avait dit cette phrase célèbre après Munich : « Entre la guerre et le déshonneur, vous avez choisi le déshonneur, vous aurez la guerre. » Mais on sait moins que Gandhi depuis l’Inde avait déclaré : « L’Europe a vendu son âme pour exister sur la terre huit jours de plus. La paix que l’Europe a gagnée à Munich est le triomphe de la violence, et c’est aussi sa défaite».

Nous n’oublions pas que le général Faucher chef de la mission française d’aide installée à Prague, écœuré par les accords de Munich, avait envoyé sa démission au gouvernement français pour sauver l’honneur, et avait demandé alors la nationalité tchèque. Le général Louis-Eugène Faucher (1874-1964) avait vécu vingt ans aux côtés du peuple tchèque. Revenu en France, il fut résistant pendant l’occupation nazie, puis arrêté et déporté en Allemagne, d’où il revint vivant en 1945.

[4] Parce que la Grèce a donné au monde le mythe agissant d’Antigone, insurrection invaincue de la conscience face à l’arbitraire et à la tyrannie ;

[5] Parce que la Grèce a donné à l’Europe le premier germe d’une démocratie directe (non pas déléguée à une classe d’élus professionnalisés, mais exercée directement en assemblée et par le tirage au sort)

[6] Et parce que l’acte inaugural de la naissance de la démocratie athénienne, premier germe encore fragile et imparfait bien entendu, décidé par l’archonte Solon en l’an 594 avant notre ère, fut précisément l’abolition des dettes et l’émancipation générale des citoyens réduits en esclavage pour endettement personnel. Mais qui s’en souvient ?

Nous n’oublions pas non plus l’éminente et héroïque Résistance grecque, participant hautement à la libération européenne du nazisme.

[7] Cette tutelle signifierait un coup d’État rampant contre la démocratie européenne et l’asphyxie programmée de la société civile grecque, avec son humiliation matérielle et morale, qui entraînerait forcément, par effet de domino, celles des autres pays voisins, dont le nôtre, avec un risque de crise pré-fasciste.

[8] Dans la nuit du 24 au 25 novembre 1942, la destruction du viaduc ferroviaire de Gorgopotamos, sur la voie stratégique entre Thessalonique et Athènes, fut une grande action conjointe de deux importants mouvements de résistance grecque, EAM-ELAS communiste et EDES-EOEA non-communiste, aidés par des agents britanniques.

[9] L’association N.e.u.f organise à Nantes (Loire & Bretagne, France) la Fête des langues et des parcours-mémoires de la Résistance antifasciste. Cette association a réclamé en 1995 la transparence automatisée des comptabilités publiques par internet, et a lancé en 1997 le « Réveillon du 1er mai » devant la Bourse de Paris, première manifestation publique du monde occidental pour la taxe Tobin sur la spéculation financière et contre les paradis fiscaux. N.e.u.f. a également été à l’initiative de « l’Appel des Résistants aux jeunes générations du 8 mars 2004 » (avec ATTAC), et de la Déclaration dite « Décapol, Dix nouveaux droits pour le siècle qui vient ».