« La répression de Caracalla à Alexandrie était-elle légale ? » Communication par Chris Rodriguez, jeudi 3 Mai 2012, à Paris.

« La répression de Caracalla à Alexandrie était-elle légale ? » Communication par Chris Rodriguez, jeudi 3 Mai 2012, à Paris.

« La répression de Caracalla à Alexandrie était-elle légale? » par Chris Rodriguez,  élève-diplôme de l’ EPHE et doctorant de l’université Paris 1/Anhima.

La communication aura lieu au Collège Sainte-Barbe, 4 rue Valette, 3e étage.

Au cours de sa visite à Alexandrie en 215-216, l’Empereur Caracalla adopta une attitude des plus ambivalentes.

Acclamé à son arrivée, cet adorateur d’Alexandre le Grand étale dans un premier temps toute son admiration pour la cité de son mentor et pour le temple de Sérapis. Cette visite se ponctue néanmoins par un massacre violent et soudain de la jeunesse de la cité, réunie par l’Empereur, puis par la lancée des troupes romaines contre la population. Le sang versé sera si important que le Nil en deviendra rouge, selon la formule, évidemment exagérée, de Hérodien.

Si nos sources littéraires ont souvent présenté cet événement comme un coup de folie de l’Empereur qui aurait cherché à assouvir sa soif de sang, hypothèse longtemps reprise, un nouvel éclairage par les sources juridiques et papyrologiques nous permet néanmoins de conclure que même si la répression de Caracalla fut d’une rare violence, elle trouvait cependant sa justification dans l’observation stricte des règles du droit romain. Si elle ne se présente sans doute pas comme totalement légitime par rapport aux faits reprochés, elle s’inscrit pourtant dans un cadre légal et dans les dispositions prévues pour sanctionner le crime de lèse-majesté. Loin d’être un coup de folie irréfléchi, le choix de Caracalla répond en fait à une certaine pratique de l’autorité impériale, dans le contexte difficile et explosif de la préparation d’une guerre contre l’Empire parthe.»

 

Cette communication a lieu dans le cadre du séminaire de M. Jean-Pierre Coriat à l’Institut de Droit Romain de l’université Paris-II Panthéon-Assas.