Le Japon grec ou la possession des cultures, 15 nov. 2018, par Michael Lucken

POUR UNE ANTIQUITÉ-MONDE : LA GRÈCE, ROME ET LES AUTRES,
Cycle  de conférences et séminaires organisé par un groupe de recherche qui se nomme : « Antiquité, territoire des écarts »

 

Conférence :
« Le Japon grec ou la possession des cultures »,
par Michael Lucken, Directeur du département « Langue et civilisation du Japon » à l’INALCO
Discutant : Maxime Pierre, Paris Diderot

 

« On peut trouver tout au long du 20e siècle tant de références à l’histoire, l’art, la philosophie et la littérature grecs dans la plupart des domaines de la culture japonaise qu’il n’est pas exagéré de dire que la Grèce ancienne a contribué de manière significative à la construction de l’identité moderne japonaise » écrit Giorgio Amitrano.
Cette réalité est si diffuse que, pour beaucoup de jeunes gens en Occident aujourd’hui, les héros grecs ont inconsciemment l’apparence que leur ont donnée les créateurs de dessins animés japonais.
Comment comprendre ce phénomène : s’agit-il, comme on le conçoit généralement en Europe, d’un exemple parmi d’autres d’une « occidentalisation » extrême de l’Archipel ou y a-t-il là quelque chose qui pointe vers le fait que les savoirs antiques constituent un « bien commun » ?
Pour répondre à cette question, je commencerai par une présentation rapide de l’histoire des savoirs sur l’Antiquité grecque au Japon, depuis les premières traces tangibles au 16e siècle jusqu’à nos jours. On y apercevra la profondeur de l’imprégnation de la culture classique, notamment dans la langue comme en témoignent le nombre et la qualité des traductions.
Dans un second temps, j’interrogerai la nature imaginaire de cette rencontre en prenant trois exemples marquants
– 1) la découverte de l’entasis des colonnes du Hōryūji à la fin du 19e siècle ;
-2) l’émergence d’un discours faisant du peuple japonais l’ancêtre des Grecs au début du 20e ;
-3) l’affirmation de la culture japonaise comme retour à une Grèce nietzschéenne, autrement dit comme dépassement dialectique de la modernité occidentale chez les nationalistes des années 1930.
Après avoir souligné la parenté structurelle qui existe entre ces discours et ceux tenus par certains auteurs panafricanistes depuis la Seconde Guerre mondiale, je terminerai par une réflexion sur le concept de possession comme moyen de réarticuler imagination et pluralité.

Programme initié et préparé par Carole Boidin, Tristan Mauffrey, Maxime Pierre et Antoine Pietrobelli
Université Paris Diderot, rue Thomas Mann 75013 Paris
salle 681C (Grands Moulins 6ème étage)
Jeudi 15 novembre 2018
18h30 à 20h30

https://labantique.hypotheses.org/

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