Cléricalisme ou Évangile ? Comprendre les enjeux , conférence par Jose Arregi, 2019-02-02, 14h30 Paris

NSAE ( NSAE = Nous sommes aussi l’Eglise ) a retenu ce thème pour son Assemblée générale des 2 et 3 février 2019 et vous invite à la conférence introductive :

José Arregi
2 février 2019 à 14h 30
Salle Christophe Dumont
45 rue de la Glacière
75013 Paris
métro : Glacière –
bus 21 : arrêts Glacière-Nordman ou Glacière

Le nombre de places étant limité, il est conseillé de s’inscrire par courriel à nsae @ numericable.fr ( supprimer les espaces)

José Arregi est l’auteur de nombreuses publications dont en particulier :

• Le livre : Jésus pour le monde d’aujourd’hui – Esquisses de christologie : l’Harmattan, mai 2014

• des articles publiés dans la revue « Réseaux des Parvis »

-L’infini dans le texte : n°88, p. 30
-A Ekai avec regrets : n° 86-87, p. 36
-Fin ou mutation de la religion : n°84, p. 34
-L’année de Luther : n°80-81, p. 38
-Écoute Israël : n°65, p. 24
-Pouvons-nous espérer n°62, p. 29
-Une Église miséricordieuse : n°60, p. 28
-La foi, quelle foi ? : n°55, p. 29
-Les prophètes du 15 mars, les indignés : n°51, p. 27
-Ni clerc, ni laïc : n° 50, p. 21
-L’éthique mondiale comprise à partir du christianisme : Lettre n°8 (novembre 2011)

• de nombreux autres que l’on peut trouver sur le site nsae.fr

Pouvons-nous espérer?

Il ne s’agit pas de savoir si nous pouvons attendre la réalisation de quelque chose  que nous désirerions. Espérer ne signifie pas être dans  l’attente de quelque chose.
Il ne s’agit pas non plus de savoir si nous avons des raisons d’espérer. Nous avons besoin d’espérer sans raisons, comme nous respirons, comme nous vivons.
Une fleur ne s’ouvre pas, ni n’exhale  son parfum à cause de quelque chose d’extérieur, mais d’elle-même, à cause de sa propre raison d’être,  à cause de la mystérieuse loi de la vie qui a ses propres motifs, ses propres fins. Ainsi en est-il de tout l’univers et c’est tout l’univers qui se meut dans chaque vie.
Personne n’aime vraiment parce qu’il  aurait reçu  de l’extérieur l’ordre de le faire, de même que personne ne vit  ni ne  respire à cause de convictions  ni de motifs étrangers à la vie elle-même, au souffle même de la vie. L’amour, le souffle, la vie nous font agir de l’intérieur. Une impulsion mystérieuse nous ouvre et nous attire, nous pousse à être, à vivre.  Etre signifie entre-être. Vivre signifie coexister. Il suffit que l’élan soit vivant et que nous nous laissions entraîner par lui. Nous aimons parce que nous aimons, nous respirons parce que nous respirons, nous vivons parce que nous vivons. C’est alors que nous nous sentons libres et épanouis.
Personne n’espère vraiment  pour des raisons externes : parce que Dieu existe ou parce qu’il  a imposé des lois ou fait des promesses, ou parce que Jésus est ressuscité en corroborant la foi en la vie éternelle après la mort. Ce sont là des croyances qui changent avec les temps et les cultures. Comme les lois, les croyances peuvent aider et soutenir l’espérance, mais elles ne la suscitent pas, elles n’en sont pas la source. L’espérance véritable, comme la foi authentique ne dépendent pas des croyances ni des normes. Espérer, c’est une manière de vivre. Espérer, c’est être fidèle au dynamisme profond de la vie, se laisser entraîner simplement par l’esprit qui nous habite. L’Esprit universel  qui unit et libère tout, qui fait bouger et qui attire tout. Espérer, c’est vivre posément dans le respect, en liberté et en communion. Espérer, c’est tout simplement vivre, se laisser entraîner par la loi secrète ou, plutôt, par l’Esprit de la vie.
Ceci est très bien exprimé dans le récit biblique de la création, une belle métaphore de l’espérance comme énergie vitale qui traverse tout et de l’espérance comme manière de vivre qui transforme tout. Le récit de la Genèse n’expose pas des motifs pour continuer à espérer. Il nous ouvre plutôt les yeux sur le mouvement qui fait bouger la création tout entière qui est en marche, qui gémit et qui jouit, en cherchant le Sabbat du repos. C’est l’espérance de la création qui fait bouger tous les êtres.
« Au début, Dieu créa le ciel et la Terre » (Gn 1,1). « Au début » ne se rapporte pas à un temps du passé, au commencement temporel absolu du monde, dont nous ne savons même pas s’il a existé. Il se rapporte plutôt au fondement et à la source permanente de l’être et de la vie.  La création n’a pas eu lieu en quelque temps du passé. Elle est en train d’avoir lieu aujourd’hui, ici, maintenant. La création est en action permanente, elle est en train d’avoir lieu sans cesse.
Chaque jour est le premier jour de la création. Chaque instant est le commencement. Nous sommes en train d’être créés. Nous ne sommes pas achevés et abandonnés, nous ne sommes pas condamnés à un plan froid et prédéterminé. La création est en train de se produire et de se renouveler à chaque instant et une Energie profonde et bonne nous accompagne, nous anime et nous fait bouger.   En temps de désespérance, il est bon de  se rappeler et de se dire : « Nous sommes des créatures et c’est amoureusement que nous sommes en train d’être créés et poussés à créer. L’espérance existe».
« L’Esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux » (Gn 1,1). « Se mouvait » peut aussi se traduire par « vibrait ». Tout vibre dans l’univers : les particules vibrent et les atomes vibrent, les étoiles vibrent et les galaxies vibrent, le chant et la danse vibrent. Chaque son est une vibration et le silence est aussi une vibration. On dit que le Big Bang est né de la vibration du vide quantique. Je ne comprends pas ce que cela peut être mais ce que je comprends c’est que le cœur de chaque être, petit ou grand, pierre, plante ou animal, vibre. La vie est vibration.   
L’Esprit qui se mouvait sur les eaux est l’image de la vibration divine qui habite et anime le cœur de tout ce qui existe. L’Esprit est la respiration universelle. Tout respire, et c’est l’Esprit divin qui respire en tout,  et aussi au fond de ce que nous appelons matière et que nous considérons, de manière erronée, inerte et statique. Il n’y a aucune opposition entre  ce que nous appelons matière et ce que nous appelons esprit, car la matière est une forme de la réalité, la matrice ou le support de tout être vivant, sentant, pensant, conscient, et l’esprit est une autre forme de la réalité, la manifestation ou l’émergence  consciente du support que nous appelons matière et qui est énergie, en fin de compte.                       
Tout est énergie, mouvement, relation, et de là, comme  d’une matrice maternelle,  surgissent merveilleusement toutes les formes de tous les êtres. « L’Esprit – ou la Ruah, féminine en hébreu – qui se mouvait sur les eaux » est une belle image de la matrice ou de l’utérus fécond  originaire  de tout ce qui est. Tout ce qui existe est amoureusement accueilli, fécondé, conçu, porté dans cet utérus chaud que nous pouvons appeler divin : « Dieu».
Regarder la réalité de cette manière nous amène à faire confiance, à espérer, à respirer. Regardons-là ainsi : la réalité entière encouragée et sans cesse fécondée par l’Esprit maternel ; la réalité entière  chargée d’une infinité de possibilités nouvelles, chargée d’Infini. Nous pouvons espérer.

José Arregi

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