« Le renoncement en littérature classique » : appel pour le 18 avril 2019

APPEL À COMMUNICATION pour une Journée d’études (  Inalco – Cermom )

Thème

Le renoncement signifie ici une « attitude vertueuse qui pousse à sacrifier les satisfactions personnelles en vue d’une plus grande perfection morale »[1] .

Le renoncement est au cœur de nombreux systèmes de pensée religieux de même qu’il fait l’objet d’une littérature primaire abondante, que ce soit dans les ouvrages théologiques consacrés à la littérature de type ascétique, dans les recueils de poèmes ou encore dans les recueils de récits.

Le renoncement tel que nous l’entendons dans le cadre de cette journée d’études traduit l’idée du renoncement aux plaisirs et aux biens matériels du monde d’ici-bas. Il s’agit de délaisser tout type de divertissements, les richesses et le pouvoir au profit d’un type de vie centrée sur un épanouissement éthique et spirituel. Ce renoncement peut s’exprimer par certaines pratiques telles que le jeûne, le silence, l’isolement – à l’écart ou au sein de la société – le mode vestimentaire, les prières et les invocations, entre autres.

L’une des premières personnalités historico-religieuses qui contribua au développement de la notion de renoncement et influença la littérature ascétique postérieure est Bouddha qui, héritier d’un royaume, renonce au pouvoir, aux richesses du palais et à tous les plaisirs d’ici-bas après avoir aperçu un vieillard, un malade et un cadavre. Un récit qui voyage et traverse les siècles et les pays et dont le schéma, les thèmes et les motifsse transposent, par exemple, dans le célèbre récit de « Hārūn al-Rašīd et son fils l’ascète » relaté dans plusieurs ouvrages de littérature parmi lesquels les Mille et une nuits.

Outre le bouddhisme, où le renoncement représente l’essence même de la doctrine et de ses fondements, le thème du renoncement est présent aussi bien dans l’hindouisme que dans le christianisme au sein duquel se développa le monachisme – cénobitique ou érémitique –, le judaïsme qui connut une forme de renoncement avec les karaïtes en particulier puis en islam où le renoncement au monde d’ici-bas et les pratiques ascétiques représentent l’essence de la doctrine soufie notamment.

Au cœur d’une expérience spirituelle et/ou religieuse depuis l’Antiquité jusqu’à ce jour, le renoncement fait déjà l’objet d’une littérature classique importante, répondant souvent à une rhétorique de l’antithèse[2] où la richesse est opposée à la pauvreté, le gouvernant au mendiant, la jeunesse à la vieillesse, etc.

La question principale qui se pose alors dans le cadre de cette journée d’étude concerne la représentativité de ce renoncement dans les diverses littératures classiques, puisant dans le réservoir religieux des civilisations dont il est question. Cette journée d’études où nous avons choisi d’adopter une perspective littéraire ambitionne de susciter la réflexion sur le sujet et de rassembler des spécialistes de textes appartenant à différentes aires culturelles orientales (au sens large : mondes chinois, indien, arabe, hébreu, turc, grec, etc.) autour de problématiques liées à la notion de renoncement, aux pratiques ascétiques et aux récits de renonçants et dévots connus – entre autres.

Ainsi, plusieurs axes de réflexion sont proposés :

  1. Évolution du concept de renoncement dans la littérature dans diverses langues, son évolution historique et religieuse à travers les textes
  2. Analyse de récits qui mettent en scène le renoncement, la transmission du récit et son interprétation
  3. Analyse des renonçants dans les récits et contextualisation de ceux-ci : Est-ce toujours des hommes? Les récits s’insèrent-ils dans un contexte particulier? Traduisent-ils une prise de position quant à la politique en vigueur durant la rédaction du texte en question ?
  4. Les manifestations de renoncement dans les récits, contes ou poèmes : changement d’apparence, jeûne, vêtements de laine, errance, isolement à la montagne, dans les cimetières, dans une cellule, etc.
  5. Le renoncement au monde d’ici-bas et les pouvoirs surnaturels : l’acquisition de certains pouvoirs grâce au renoncement.

Renseignements

 

Mi-octobre 2019 (à préciser)

Lieu : Paris. INALCO (65, rue des Grands-Moulins)

Organisation : Hala Abdel Meguid

 

Les propositions de communications, titre et résumé (15-20 lignes en français de préférence) ainsi qu’une brève présentation de l’intervenant (fonctions, coordonnées, publications), sont à envoyer, avant le 18 avril 2019, à hala.abdel.meguid    at    gmail.com.

 

Les frais de transport ou de séjour sont à la charge des participants ou de leur équipe de recherche.

[1] http://www.cnrtl.fr/definition/renoncement (Consulté le 5 novembre 2018)

[2] Chraïbi, Aboubakr, « L’homme qui ne travaillait qu’un seul jour par semaine », Oriente Moderno, n°2 : Studies on Islamic Legends, 2009, p.287-304.

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