… sur ce qu’est la « résurrection », une lettre de Marcel Légaut à Louis-Marie Asselin

Réponse de Marcel Légaut en mars 1986 à l’envoi de deux ou trois questions (disciple, résurrection…)
posées par Louis-Marie Asselin, mathématicien

 

Valcroissant,                      07.07.1986
26150 Die

Cher Monsieur,

J’ai bien reçu votre lettre du 16 février. J’étais alors en voyage. Cela vous expliquera mon retard à vous répondre.
Votre nom est quelque part au fond de ma mémoire, mais c’est un nom français et j’ignore si c’est de vous qu’il s’agissait quand j’ai rencontré ce nom. En revanche, je n’ai aucun souvenir du travail que vous avez envoyé, sans doute avec la lettre, ou à part. Il faut vous dire que, à cette époque, j’ai craqué. J’avais alors 81 ans et j’ai dû plusieurs mois abandonner toute astreinte et me mettre au repos à l’écart.
Tout le courrier arrivé dans cette période a été négligé.

 

J’ai lu à fond votre nouveau texte ; et à partir de lui, je me rends compte de façon assez précise des critiques que vous pouvez faire à mon « humanisme ». Cependant, je puis vous dire que si nos chemins sont différents, le but atteint et le même, bien qu’il soit marqué aussi de manière individuelle par les chemins qui nous y ont conduits l’un et l’autre.

Cependant, quand vous dites que vous n’êtes rien, vous mettez rien entre guillemets ; d’autres de la même tendance, lui mettent une majuscule. C’est dire indirectement, que ce rien n’est pas rien… Vous me rejoignez discrètement quand j’affirme la grandeur de l’homme.

Au sujet de la résurrection dont vous faites la base de votre foi, je ne voudrais en rien vous en faire douter. Mais je puis vous affirmer que je vous rejoins dans l’affirmation que Jésus est vivant et actif en nos vies dans la mesure où nous l’accueillons grâce à l’intelligence que nous atteignons de ce que cet homme a vécu, il y a vingt siècles.

Quant à moi, je vois en la résurrection – j’aime mieux parler de christophanie – une confirmation des plus heureuses, des plus nécessaires même, de l’impact spirituel que Jésus a fait au plus intime de ses disciples, bien au-delà de ce que ceux-ci pouvaient en avoir conscience quand ils vivaient avec lui.

Pour moi, les christophanies sont des événements historiques – non la résurrection qui est l’interprétation sans problème qu’ont faite les disciples de la vision dont ils furent le sujet et le lieu.

L’important c’est que nous soyons disciples. Vous l’êtes certainement. Mais évidemment la manière de l’être dépend de ce que chacun est en lui-même, et aussi du chemin qu’il a dû parcourir pour le devenir.

Et c’est en étant disciple que nous sommes sur le chemin de l’unité où, dépouillés de tout ce qui n’est que de nous [il manque quelque chose il me semble] mais nous découvrons dans la transparence n’être que ce que nous avons su accueillir de Celui qui se déploie ainsi en nous.

Fidèlement jusqu’à je ne sais quel au-delà.

Marcel Légaut

 

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