« Intraduisibles de l’Antiquité » 18 19 octobre Paris

Atelier des « Intraduisibles de l’Antiquité : de la philosophie à l’anthropologie historique ».

Les résumés des différentes communications sont disponibles à l’adresse suivante : https://lida.hypotheses.org/programme-2. En outre le colloque sera entièrement retransmis en visioconférence, pour en obtenir le lien ou pour toute question, vous pouvez écrire aux organisateurs à l’adresse suivante : intraduisibles.antiquite@gmail.com.

Programme :

Mardi 18 octobre (Campus Condorcet, centre des Colloques, Place du Front populaire, 93300 Aubervilliers, salle 3.02)


• 9h30-10h : accueil des participants

• 10h-10h45 : Introduction par Adrien Coignoux et Thibaud Nicolas

10h45 : 1ère session, Traduire un statut, une gageure ? (animée par L. Iribarren, EHESS)


• 10h50-11h40 : Coline Ruiz Darasse (CNRS), « Un préteur chez les Gaulois ? Autour de l’inscription gallo-grecque de Vitrolles (RIG G-108 ; RIIG BDR-14-01). »

• 11h40-12h10 : Florentin Maroye (Université Jules Verne), « Poetaversorfactista : composer sans inventer. L’impossibilité de rendre l’idée du ποιητής en latin au XVIe siècle : l’exemple de Florent Chrestien. »

12h10-13h30 : déjeuner

13h30 : 2ème session, Quand les anciens peinent à traduire (animée par S. Wyler, Université Paris-Cité)


• 13h35-14h20 : Mia Pancotti (ANHIMA), « Le verbe grec ἀναγιγνώσκω : intraduisibilité d’une approche cognitive de la lecture ancienne ? »

• 15h25-16h10 : Teresa Torcello (Università di Bologna), « Hoc ego supersedi vertere. Untranslatability and Hesitation to Translate in the Work of Aulus Gellius »

15h05-15h25 : pause

• 16h10-16h55 : Beatrice Lietz (EPHE), « Intraduisibles grecs dans les Verrines de Cicéron »

• 16h55-17h30 : discussion conclusive de la journée

Mercredi 19 octobre (Paris, INHA, salle Vasari)


• 8h30-9h : accueil des participants

9h : 3ème session, Pratiques religieuses et intraductibilité (animée par V. Pirenne Delforge, Collège de France)


• 9h05-9h50 : Ginevra Benedetti (Collège de France), « Redescendre de l’Olympe : déconstruire la notion moderne de panthéon pour traduire le panthe(i)on antique »

• 9h50-10h35 : Mathilde Naar (EPHE), « Hygie et Salus : l’interpretatio à l’épreuve de la traduction »


10h35-11h : pause


• 11h-11h45 : Giulia Tonon (University of Liverpool), « Untranslatability and the Case of Ptolemaic Priestly Decrees »

• 11h45-12h30 : Clara Daniel (Aix Marseille Université), « “Ave César ! Ceux qui vont mourir vous saluent” Peut-on vouvoyer les Romains ? »

12h30-13h50 : déjeuner


13h50 : 4ème session, discours mythiques et intraductibilité (animée par D. Charpin, Collège de France)


• 13h55-14h40 : Emily Zeran (Friedrich-Schiller-Universität Jena), « Obscure Myths and Unweighted Signs: Problems of the World’s First Literature »

• 14h40-15h25 : Nele Ziegler (CNRS  UMR 7192), « Le Mythe du Très-Sage, Atram-hasis. Un cas d’école »

15h25-15h50 : pause


• 15h50-16h35 : Serge Bardet (Université d’Évry), « Du schibboleth et de son intraductibilité essentielle »

• 16h35-17h35 : table ronde finale

Appel à communication : «Intraduisibles de l’Antiquité » (date limite 30 mai 2022)

Nous avons le plaisir de relayer cet appel à communication qui nous semble balayer un champ passionnant et très utile. Ce travail est indispensable scientifiquement et humainement. ( L’argumentaire lui-même est précieux)

Appel pour la 2ème journée d’étude des « Intraduisibles de l’Antiquité » qui aura lieu à Paris, les 18 et 19 octobre 2022.
Le groupe de recherche interdisciplinaire « Les Intraduisibles de l’Antiquité » est heureux de relancer une dernière fois son appel à communication pour sa deuxième journée d’étude les 18 et 19 octobre 2022 à Paris (à l’INHA). La date butoir d’envoi des propositions (titre et résumé de 200 à 300 mots, avec CV) est exceptionnellement décalée au lundi 30 mai 2022, à l’adresse suivante :
intraduisibles.antiquite @gmail.com (supprimer l’espace)

N’hésitez pas à nous contacter pour toutes questions.
Nous remercions par ailleurs toutes celles et tous ceux qui ont déjà envoyé des propositions de communications et reviendrons vers vous rapidement.
Pour rappel, vous trouverez ci-après l’argumentaire et la présentation de cette journée.


« Traduire c’est trahir » dit le proverbe, le passage d’une langue à l’autre entraîne des
difficultés de traductions provoquées par des écarts sémantiques et/ou des décalages morphosyntaxiques qui mettent en exergue des distinctions anthropologiques autant, voire davantage, que linguistiques. Cette idée s’inscrit dans la continuité tant des travaux de Barbara Cassin (Cassin 2004) que dans le cadre d’étude des translation studies et notamment la théorie de « translation culturelle » développée par Homi Bhabba (Bhabba 1994), la skopos theory de Hans Vermeer (Vermeer 1984) ou plus largement les descriptive translation studies (Toury 1985).

Le groupe des Intraduisibles de l’Antiquité se propose ainsi de « déterritorialiser » ces approches contemporaines pour mieux les appliquer au contexte antique ainsi qu’à un type précis de difficultés de traduction : celles provoquées par l’usage d’un mot d’origine étrangère, dans un texte ou une pratique concernant les collectifs de la Méditerranée antique.

L’objectif est d’analyser ces difficultés de traduction de manière à identifier quels processus, quelles motivations, quels besoins et quelles barrières sont érigées lorsqu’un individu, qu’il s’inscrive dans une période antique ou soit un observateur moderne (savant ou chercheur), use d’un mot emprunté à une langue antique. In fine, notre objectif est d’identifier à la fois le « nœud d’intraductibilité », au sens des causes des difficultés de traduction qu’entraînent tel ou tel emprunt à une langue étrangère, mais aussi, et surtout, quels savoirs anthropologiques nous pouvons en retirer et comment, par quelles stratégies, nous pouvons dépasser cette incapacité à traduire.

Il ne s’agit donc pas tant d’aborder ces mots comme des problèmes à résoudre mais comme des cas-limites ayant le potentiel de nous permettre de mieux cerner les écarts qui résident entre les différents collectifs humains de la Méditerranée antique tout en réévaluant la pertinence de toute une gamme de catégories épistémologiques modernes.


Lors de notre première journée d’étude, quatre principaux facteurs rendant un mot de l’Antiquité « intraduisibles » ont émergé :

  • une déférence excessive pour la langue-source rendant impossible ou tabou l’exercice de la traduction (une traduction excessivement source‑oriented),
  • l’absence d’une catégorie anthropologique équivalente dans la langue-cible (une traduction qui ne s’est pas accompagnée d’un effort d’adaptation culturelle),
  • une atrophie de la polysémie originelle du fait de la multiplicité des traductions successives (une traduction excessivement target‑oriented)
  • et une compréhension sémantique trop faible du terme de la langue-source (ne tenant pas assez compte des données émiques).

Pour la deuxième journée d’étude, les personnes souhaitant proposer une communication sont donc invitées soit à se pencher sur un des quatre facteurs « d’intraductibilité » proposés ci-dessus à l’aune de leur propre documentation, soit à proposer une nouvelle catégorie à ajouter à celles-ci en s’appuyant sur l’étude d’un ou plusieurs cas issus de leur propre champ disciplinaire.

En outre, ces facteurs ne s’excluent pas les uns les autres et les intraduisibles pourront être étudiées à travers des analyses concernant le rôle de la traduction (function-oriented), comme le résultat de cette opération (product-oriented), ou bien l’acte en lui-même (process-oriented), du point du vue du traducteur
(Holmes 1972).

Il est également possible de proposer l’étude spécifique d’un « intraduisible de
l’Antiquité » et à questionner celui-ci en essayant d’en détecter toutes les spécificités endogènes par rapport aux traductions modernes.

Par ailleurs, si la première journée d’étude se concentrait essentiellement sur le grec et le latin nous enjoignons les chercheurs travaillant sur des langues
orientales à nous faire parvenir leurs propositions.

Le colloque se tiendra préférentiellement en présentiel mais des projets de communication en distanciel peuvent être proposés.

Organisateurs : Thibaud NICOLAS (EHESS / PSL) et Adrien COIGNOUX (AnHiMA)

Comité scientifique :

Vinciane PIRENNE-DELFORGE (Collège de France)

Lionel MARTI (CNRS)

Leopoldo IRIBARREN (EHESS)

Stéphanie WYLER (Université Paris-Cité / AnHiMA)

La notion de vav conversif, en hébreu. ( 2021-09-18)

 

Que veut dire « conversif » ?

Soit un mot de base : on lui accole un élément (lettre ou un préfixe)  qui le fait changer de sens. Il ne s’agit pas d’un cas comme moral,   et a-moral ou im-moral :  ce sont desmots contraires ou antonymes, mais d’un autre changement de sens .

L’anglais a gardé des traces d’un pouvoir conversif : celui du du W :

– placé devant le mot East, Est, il le change en West, Ouest.

– placé devant le mot Man, homme, il le change en Woman, femme.

En latin, le doublet Man-Woman se dissimule derrière les racines H/MN de ho-minis, ho-minem, génitif et accusatif de homo et de F/MN, femina, qui a donné « féminin ». Le F est resté sixième lettre de l’alphabet latin, à la place du VavW, sixième lettre de l’alphabet hébreu.

Le  vav ou waw conversif en hébreu biblique

En effet, il existe en hébreu biblique, la 6°lettre de l’alphabet, une consonne, qui s’appelle vav,  se prononce /v/  et s’écrit en hébreu  comme un petit clou (יְ) et conventionnellement s’écrit en européen avec un W ou un J.

Cette consonne a en hébreu différents rôles.

Entre autres, elle peut se placer  devant un verbe  et elle en modifie alors le temps.

Cette fonction n’est jamais employée dans l’hébreu oral, même ancien. Elle n’est employée que dans l’hébreu écrit.

Cette fonction n’existe plus non plus en hébreu moderne.

Deux cas  pour cette fonction :

1°)  Soit un verbe au passé en hébreu biblique : si on  colle devant cette forme verbale un W (vav) il prend un sens futur.

2°) Soit un verbe au futur. (sachant que le  YYod, placé en tête d’un verbe le conjugue au futur) : si on colle  devant cette forme verbale au futur un W (vav),  le verbe qui s’étend toujours dans le futur,  prend également la valeur d’une action dans le passé, ponctuelle,  accomplie, finie.  Il s’agit là d’un passé qui a été définitif et dure…  

On  dit que le vav, dans cette fonction,  est conversif (ou inversif).

L’exemple le plus illustre  : en Genèse, 1,3

C’est au tout début  :

יְהִי אוֹר YHY AWRYehi =  « Soit Lumière » ( verbe au futur ).

La phrase suivante utilise la même forme verbale en la faisant précéder d’un W ( vav) וַיְהִי־אוֹר WYHY AWRVaYehi –  « Et fut la Lumière et elle n’a pas fini d’être …   »

De nombreux exemples

De multiples verbes commençant par ces deux lettres qui marquent le futur ( Y) précédé d’un W ( vav conversir ).

Cela donne

– וַיְדַבֵּר, WYDBRVayedaber, “= il parlera  + W =  et Il parla (et Il n’a pas fini de parler ) ”,

– וַיֹּאמֶר, WYAMRVayomer, “= il dira + W = et Il dit  (et Il n’a pas fini de dire ) ”,

– וַיִּקְרָא, WYQRAVayqra, “ = il appellera + W = et Il appela  (et Il n’a pas fini d’appeler )”,

– וַיְהִי, WYHY,Vayehi, “= il sera + W = et ce fut  (et cela n’a pas fini d’être) ”

–  ו יּ ב דּ ל  WYDL = va yav-dèl = il séparera + W =  et il sépara  ( et Il n’a pas fini de séparer )

Dans Esther 4.11, on a une allusion  à une loi qui a été promulguée mais qui est toujours valable.

Dans Jérémie, une alliance a été scellée mais elle continue et sa propriété essentielle est de continuer.

Dans l’histoire de Jacob et Esaü, également 4 verbes sont au passé ( Esaü a mangé, bu etc. ) et un verbe au passé précédé du  W  indique clairement que ce passé dure  à jamais ( Esaü  a « déprécié », méprisé, renoncé à son droit d’aînesse, croyant sans doute qu’il était de peu de durée et d’importance, et cela est devenu définitif et dure…)

On peut gloser sur  ces nuances temporelles...

– Il existe des actes qui s’inscrivent dans un passé qui se clôt, qui se finit avec cette action  qui est révolue. Il est d’autres actes qui appartiennent à un passé qui a de l’avenir par son essence même : une loi promulguée, une alliance, une promesse.  Si moi même j’adopte cette Loi, si je mets mes pas dans celui de Moïse par exemple, je suis un peu Moïse. Moïse a parlé en un temps précis mais il parle encore. Ce passé continue. C’est pourquoi Moïse nous parle encore. Moïse échappe au temps et nous  fait entrer dans le même temps que lui. C’est un passé qui a de l’avenir.  Est-ce un moyen d’échapper à la mort ? Peut-être un peu… Je repense aussi à bien des passages de l’Evangile où le temps joue un rôle … et en particulier à la phrase où Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais où le Dieu d’Isaac, de Moïse et de Jacob est le Dieu des vivants.  ( Nous en avons parlé à la petite école d’écoute et de dialogue de Saint-Merry Hors-les-Murs   cet été 2021).        

– Ce W (vav)  conversif  fait prendre conscience de ces aspects temporels qui existent moins en français par exemple et nous ouvre donc à l’Autre. Ethnologie, Psychologie des Foules, civilisations…     

Peut-être est-il intéressant de comparer avec les temps grecs ?  L’imparfait, action  du passé qui a duré longtemps  (ελυον. Je déliais )  L’aoriste, action brève et finie dans le passé (ελυσα,  je déliai) . Le parfait, action du passé, brève ou longue, dont l’effet se poursuit dans le présent λελυκα ( j’ai délié ). Le futur ( λυσω je délierai)   

Ou les temps anglais : préterit, parfait, plus que parfait, forme progressive passée, présente ou futur…

– Outre cette capacité du vav conversif de transformer  un passé en futur et l’inverse, il participe peut-être d’une mentalité  qui aime inverser les choses et les montrer sous deux angles ( ce qui gêne ceux qui sont  un peu trop rationnels, simplistes ou manichéens, ceux qui ne sont pas poètes, sensibles ou  nuancés)…

Comme le W (vav) a une forme de petit clou,  on peut se demander (eu égard aux commentaires infinis sur les lettres hébraïques) si la thématique de l’inversion ou du paradoxe évangélique ne s’y accroche pas  dans les épîtres, l’apocalypse et l’Evangile :  le Christ sauveur est cloué sur la croix, attaché alors qu’il libère,  châtié alors qu’il est innocent,  mourant alors qu’il accomplit sa vie ou la donne, roi des juifs alors qu’il est rejeté, l’Agneau est le chef, etc. etc.

                                           Merci à Elisabeth Smadja de nous avoir enseigné tout cela !

Marguerite Champeaux-Rousselot

Plan de la thèse de Marguerite Champeaux-Rousselot sur Castalie ( 2013)

Pour aller voir le plan de la thèse sur internet :https://www.academia.edu/31729787/Plan_de_la_th%C3%A8se_Castalie.:

pdf

Résumé de la thèse sur mon site, jury, direction…

Si vous souhaitez des renseignements plus précis sur tel ou tel point, je serai contente de vous répondre : écrivez-moi par le site.
Depuis la soutenance, j’ai avancé dans la recherche et lorsqu’il y avait plusieurs hypothèses à envisagées, elles se réduisent en nombre ou celles qui restent se renforcent d’autres éléments ou se réduisent à une seule qui parfois devient une certitude.

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Incroyable ?!! Un pardon breton islamo-chrétien/humaniste tous les 4es WE de juillet !

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