« Réflexions sur l’autorité, à partir de l’étymologie de son champ lexical.

L’autorité a-t-elle un sens ? Les fondements de l’autorité.

Père et enfant, pour illustrer l'article sur l'Autorité ; dessin de M. C.-R.
Père et enfant

                                                                                                     (2004 et après)

 

Conférence faite en 2004, par Marguerite Champeaux-Rousselot, professeur de Lettres classiques, et suivie d’une autre assurée par un professeur de philosophie.
Elle a eu lieu dans un cadre associatif, afin de répondre à la question posée par une Association de parents d’élèves qui a accueilli ce jour-là également enseignants et personnels sociaux.
Leur demande : se fonder sur le sens des mots, revenir à l’origine de la notion, et faire  une conférence de valeur générale sur ce qui fonde  et assure l’autorité parentale en particulier. On a ici conservé le style vivant et facile nécessaire à ce type de contexte.

 

L’autorité a-t-elle un sens ?

Et d’abord que veut dire le mot « sens » ?  Le mot vient de sentire en latin : sentir, ressentir ( les 5 sens); percevoir, remarquer,  comprendre, penser.
L’autorité a-t-elle un sens ? Cela veut dire : « a-t-elle un sens que je puisse comprendre, faire partager, qui ne soit pas un non-sens, qui n’aille pas dans le sens contraire de ce que je souhaiterais… »
L’autorité a-t-elle un sens ? Cela veut dire « a-t-elle une signification, un raison, une cause et un but acceptables par l’autre ? » Cela veut dire « de quel droit  me dis-tu, m’interdis–tu, m’obliges-tu à …? »

Le travail, la mission des chefs

Et effectivement, on s’approche de la question en regardant les différents synonymes que vous connaissez et qui évoquent le travail, la mission des chefs :

Gouverner : c’est prendre le gouvernail

Diriger : conduire en ligne droite, rectiligne. Ce terme a une racine indo-européenne qui a donné également le terme « roi » : non pas quelqu’un d’autoritaire, dont le pouvoir arbitraire risquerait d’être injuste et nous révolterait à juste titre, mais le roi est celui qui régit (en latin, rex qui regit ), celui qui étend et définit les limites; celui qui rend les choses droites, c’est -à-dire comme elles devraient être pour le bien de tous et la justice qui protège les faibles. La « règle » ( regula) édictée est faite pour cela; et la « correction » est faite pour remettre droit , rectifier, ce qui ne l’était plus (et non pour punir), mais avec le moins possible de rigidité.

Orienter : c’est  se tourner vers l’orient, le premier endroit qui peut servir de référence quand paraît le jour : l’endroit où le soleil se lève, l’origine de la journée.
Vous voyez  la notion de direction.
Dans direction, directeur : on trouve aussi la notion de chef.
Chef : comme on le voit dans « couvre-chef », « chef-lieu » et « capitale », « cheftaine » et « capitaine »,   cela vient du mot qui veut dire « tête »…
La tête qui sait la direction, comme une boussole sûre.

Et le verbe « achever »,   qui vient aussi de « chef »,  signifie qu’on a d’abord commencé par la base, par le moins important, le moins réussi, les pieds, et qu’on arrive à la fin, au sommet, à la tête… et qu’alors on a « achevé » le travail, et qu’il est bien fignolé, bien fini, c’est un travail « achevé » !, cela n’ pas le même sens que un travail terminé, fini, ou une recherche close…
Un chef ?
Mais on préfère tous la démocratie !!!
Certes !
Et alors, qui dirige qui, en démocratie, en république ?
Le vrai sens, amusant, du mot « république » : c’est  « ce qui concerne ceux qui ont du poil » au « pubis » …  c’est à dire les hommes  faits ( les femmes sont exclues bien sûr chez les Romains !)
Il faut donc être pubère, adulte,  pour avoir le droit de se diriger ou de diriger les autres.

 

La notion d’  « autorité » comporte elle aussi la notion de  direction, mais grâce à un autre verbe. Il vient d’« augere », verbe latin signifiant « augmenter » : voilà une direction qui peut être très positive !  Il a donné par exemple auctor, celui qui produit, (un auteur, écrivain, l’auteur de la vie) ou auxilium, celui qui augmente, qui aide ( un auxiliaire). Le verbe augurer, l’expression « de bon augure »  viennent aussi de là : c’est la permission divine, donnée par un signé que l’on interprète, d’avancer dans un projet. Le verbe inaugurer  signifie commencer quelque chose, sous-entendu évidemment, sous de bons auspices ! Le verbe latin augere,  « augmenter » a donc un sens très positif : ajouter quelque chose de plus, de neuf

Auctoritas : c’est précisément la capacité d’augmenter, d’où  la capacité de faire grandir dans une certaine direction : la hauteur (de façon physique ou symbolique). ( Ce n’est pas une création ex nihilo, à partir de rien : cela part d’une base, celle qui existe : donnée par les parents, la société, divers contextes,  ou construite par la personne elle-même).

Cela veut donc dire qu’il y a un changement presque visible, mesurable…
L’autorité a donc la capacité de faire  grandir quelque chose.
Elle est cette capacité même … et c’est cela le beau métier de parent et d’éducateur ( au niveau individuel ou social).
Cela ne veut pas dire, étymologiquement, « il sait nous faire obéir »…
Autorité est un terme si positif qu’il a pris  le sens  d’un compliment  (je laisse de côté les perversions de l’autorité et ses abus !) : «  il fait autorité  dans son domaine ! » cela veut dire «  son conseil nous aide ». « Il a de l’autorité »   : son autorité est reconnue : il sait nous faire grandir….

Grandir : dans notre inconscient, le symbolisme de « grandir » implique un changement, une progression, une direction vers le haut en général ( contre la loi de l’attraction terrestre;  symbolisme de la direction vers le haut dans toutes les sociétés; histoire physique de l’évolution de Homo etc.). Effectivement, il vient du latin nasalisé  gradus, le degré, la marche d’escalier. L’idée en français est que quand on grandit, en quelque sorte, on monte une marche : difficulté et fierté… La racine  indo-européenne commune à great en anglais et grandis en latin  est  *gʷrendh-  qui signifie « gonfler, poitrine », ce qui nous grandit certes mais témoigne d’abord d’un sentiment de fierté. Cela  donné en grec βρένθοςbrenthos (« fierté ») en grec ancien, mais aussi grǫdь le  slavon et en tchèque hruď (« poitrine »).

Grandis en latin s’employait surtout pour les choses et s’appliquait par exemple au blé : il signifiait une étape importante de sa vie : « qui est au terme de sa croissance » ( et non pas grand au sens de « volumineux » par exemple). Quelqu’un qui a grandi, qui est désorrmais « grand », cela veut dire qu’il n’a plus besoin ( ou n’aurait, ou ne devrait plus avoir besoin)  d’autorité… (Mais peut-on dire qu’on a fini définitivement de grandir ? Même nous parents ?  Cela ne peut être dit que par quelqu’un qui ne veut plus grandir davantage … et qui donc souhaiterait ne plus progresser ? !!  Que dire de la véritable grandeur  et…  de la véritable humilité … !)
Avoir grandi, cela veut donc dire qu’on n’a plus besoin d’être nourri par quelqu’un, qu’on ne dépend plus de quiconque pour la nourriture…
On est devenu indépendant : on ne dépend plus de celui  qui nous a fait naître. Par exemple,  un fruit pend de l’arbre et  il « dépend » de lui; un drogué « dépend » de l’objet de son addiction : quand n’en dépendra-t-il plus ? Un fœtus « dépend » de sa mère avec le cordon ombilical : il prend une certaine « indépendance » quand il naît. La dépendance est d’une certaine façon humiliante quand elle n’est pas choisie.

Mais l’indépendance complète est bien plus tardive pour le petit d’homme. (Questions sur lesquelles réfléchir au calme : peut-être n’est-elle jamais acquise ? Peut-être n’est-elle pas souhaitable ? Peut-être celui qui se choisit un certain maître est ou sera  parfois plus grand  que celui qui s’y refuse absolument ? anarchie, rébellion, soumission, participation active, liberté… : où est l’équilibre ?)

Il ne s’agit pas seulement de devenir indépendant, il s’agit, et c’est encore plus difficile, de devenir autonome, ce qui n’est pas synonyme d’  « indépendant » : être autonome signifie étymologiquement « avoir sa propre loi ».
Non pas « ne pas avoir d’autre loi que soi » !, mais sortir d’une passivité qui nous ferait passivement subir la loi d’un autre ou nous mettre dans la dépendance d’un autre, laisser nos propres besoins nous dominer ou peut-être nous en créer d’autres, réclamer encore des soins comme un petit non encore indépendant… Faire sienne la Loi choisie avec réflexion  par soi-même selon  des critères réfléchis. Exercer sa liberté.
Equilibre libre entre les attentes et les offres. Indépendance et droits, certes, mais aussi indépendance et devoirs.

 

Et qu’en est-il dans la mini-société qu’est la famille ?

Parlons d’abord de l’étymologie surprenante du terme « famille » : il vient du terme latin familia, qui lui-même vient très anciennement de l’osque : le famel osque y est l’esclave, celui qui sert. Une famille n’est pas une portée d’animaux, n’est pas qu’un ensemble de corps plus ou moins liés: sans faire long, la différence n’est-elle pas que dans la famille chacun adopte celui qu’il a  mis au monde ou qui l’a mis au monde ? Sans cette adoption d’amour, y aurait-il un lien  différent de la seule biologie ? Adoption facultative (optative) qui connaît parfois des échecs, mais permet généralement de grandir en famille. Dans une famille, chacun sert l’autre, sans placer en toute fin les plus faibles et les plus petits. La familiation (si l’on peut faire un néologisme dans une recherche sur l’étymologie) est le processus qui fait famille, et là, l’autorité sert à faire grandir biologiquement mais aussi dans d’autres dimensions, tout un chacun et le groupe ensemble.

– Parent =  celui met au monde;  on dit la « parturiente » pour la femme qui va accoucher (c’est un participe futur en latin), et ce qui est intéressant c’est que « parent » est un participe présent … car enfin, a-t-on un jour fini de mettre au monde  son enfant ?

On n’arrête jamais sans doute de se sentir  concerné par son enfant…, de s’en sentir responsable…
Mais notre fonction de parent est pourtant de faire devenir adulte notre enfant … en quelque sorte  à égalité avec nous ! Le regard est aussi ce qui fait grandir… s’il est aidant.  Purement négatif, il fera peut-être régresser. Positif, il a de fortes chances de faire progresser. Non seulement le regardé mais aussi le regardant. (Grandir comme parent, vaste sujet  qu’on ne traitera pas ici !)

On n’a jamais fini d’être parent, mais nos enfants de chair peuvent aussi  être des parents pour leurs parents de chair…là ou quand ils sont plus adultes qu’eux. La chair est une chose, l’esprit une autre. Il n’y pas d’âge pour avoir la mission de faire grandir l’autre.

-L’adulte est celui qui a été nourri : ce terme vient d’un participe latin passé passif. Il insiste sur le passif  et aussi sur le passé : il vient du verbe latin « alere », d’où aliment, alevin etc.. L’adulte a été « alimenté  par quelqu’un », il est celui qui est ( devenu) fort, mais il faut voir cette expression comme voulant dire  que maintenant, désormais,  il n’est plus nourri  par quelqu’un, mais qu’il se nourrit tout seul et qu’il est fort sans personne.
Cela a donné d’ailleurs, incroyable mais vrai, le mot « altus » qui veut dire « haut, grand ».

– L’adolescent  vient de la même racine qu’adulte. Adulescens en latin veut dire exactement « celui qui est en train de devenir adulte », en train de commencer à pouvoir se nourrir seul, à devenir fort.
(Aujourd’hui, on voit des « adulescents », mot-valise composé de « adulte » + «  adolescent »  : des adultes qui cherchent à fuir leurs responsabilités et leurs charges de se nourrir seuls, et  cherchent indéfiniment à rester jeunes ou comme les jeunes  … et on parle de « jeunisme » …)

Enfant  est un terme violent pour notre époque : infans en latin signifie « celui qui ne parle pas, qui n’a pas le droit à la parole ». Le verbe fari en latin signifie parler.
Là le participe présent serait inquiétant si c’était à vie qu’on l’était, interdit de parler … mais chez les Romains, on a différents noms pour les différents âges de la vie et c’est donc tout à fait normal qu’ils emploient le participe présent «  en train de »   quand on est dedans jusqu’à ce qu’on en soit sorti ! Ce n’était qu’une étape, on connaissait la suivante : elle allait néanmoins à Rome, jusqu’à 7 ans. Dans notre société, l’enfant a droit très tôt à la parole : le mot a changé de sens. (Mais comment considère-t-on sa parole ? et l’enfant apprend-il à gérer son envie de parler, à utiliser cette parole à laquelle il a droit, à la proférer  au milieu de celle des autres ?  vaste débat à notre époque qui  produit parfois, à l’inverse extrême, l’enfant-roi…)

On voit donc bien dans quelle direction doit aller l’autorité … : le parent doit amener  l’enfant à l’indépendance et à l’autonomie d’un adulte qui aura ou a  le droit de s’occuper de la république…

 

La mission des éducateurs

Le chemin par où le parent conduit l’enfant a une direction car il a un sens, quand il a un sens, s’il a un sens. Sinon, il sera interrogé et contesté.

Cette mission est celle de tous les éducateurs au sens le plus large, celle des parents en particulier et pas seulement celle des «  hommes mariés, les pères de famille, ces grands aventuriers du monde moderne» selon Péguy, (« Victor-Marie, comte Hugo », § 84, essai, 1910) : ils conduisent vers des terres inconnues peut-être d’eux-mêmes.

Elle s’exprime pour les « parents » avec des termes un peu particuliers, termes qui reprennent l’idée de direction de sens, contenue dans les termes vus plus haut « gouverner », « diriger ». Ils ont vocation à « orienter » celui qui les suit : un beau terme qui évoque l’idée de la boussole qui origine notre place au monde par rapport à la lumière naissante.

Elever : lever, soulever  un enfant hors de sa condition  de démarrage

Eduquer : c’est faire comme  l’aqueduc  et l’oléoduc qui conduisent l’eau et le pétrole vers un but, c’est être un duc pour conduire l’enfant hors de sa condition d’enfant vers une condition d’adulte autonome et indépendant.

La boussole parentale elle aussi indique  un sens « élevé ».

Et c’est pourquoi  les parents adultes se différencient de leurs enfants parce qu’ils ont une tâche qui les différencie  des enfants, et que les enfants en général d’ailleurs ne leur contestent jamais : les nourrir matériellement…  et aussi, par conséquence, dans les autres domaines ! :

Parfois, certains voudraient que la famille soit comme une mini-démocratie  où ce qui est, au niveau de la nation, la force du peuple  devenu supérieur aux anciens chefs de l’aristocratie ou de l’oligarchie,  deviendrait au niveau de la famille la force des enfants à égalité avec les adultes … Droits et devoirs à égalité, en quelque sorte ….

Mais il faut alors rappeler que c’est l’adulte qui sait, habituellement,  le sens où aller pour trouver cette indépendance, cette autonomie etc.,  toutes choses légitimement désirables, heureusement !!

Et que l’enfant (dit « normal » car le problème des handicapés, par exemple,  est différent) n’est pas en capacité, pour le moment, d’avoir cette connaissance ni les mêmes droits que les adultes, et qu’il  ne peut prendre en charge, pour le moment, les mêmes devoirs qu’eux, ni donc avoir les droits   pour y faire face.

 

Le parent a un droit qui lui impose un devoir : il est responsable de celui qu’il a mis au monde. Le jeune ne peut être totalement responsable : c’est l’adulte qui répond de lui, il en est responsable, il en répond.  Ce sens est assez loin de « répondre » à une question.

En effet répondre vient du latin respondere. Ce terme veut d’abord dire  « s’engager solennellement, devant les dieux, par une libation » : on répandait un liquide en offrande aux deux par exemple pour sceller une promesse et demander aux dieux leur aide pour la tenir. Ce terme est parent de la fiancée, la « promise », ( sponsa en latin), et a donné « épouser »; il est également parent de  sponsor », cette personne qui s’engage envers une cause ou un sportif… ( Répondre à une question, ce sera s’engager personnellement dans ce qu’on dit en face d’une question)

La responsabilité, c’est donc d’abord quand on se porte garant de quelque chose, ou de quelqu’un… même si l’autre, comme un bébé, ne sait pas encore parler ou n’en est pas conscient ( cf. Saint-Ex dans le Petit Prince : je suis « responsable de ma rose »  ?). L’adulte a la responsabilité  de l’enfant : il doit le faire s’épanouir et le mener à l’âge adulte et  fait preuve (ou doit faire preuve)  d’un certain savoir-faire…

L’adulte doit d’abord engager son oui face aux besoins fondamentaux ( qui sont bien différents des « désirs ») : la Pyramide de Maslow montre la hiérarchie  des besoins à partir du niveau 1 qui est « basique » :  ( Ventre affamé n’a pas d’oreille !).

Bien différencier les besoins des désirs évidemment.

1 Besoins physiologiques
2 Besoin de sécurité
3 Besoin d’appartenance
4 Estime de soi et des autres
5 Réalisation de soi

L’adulte va répondre à ces besoins, sachant qu’il ne peut appeler au 5 avant que le 1 soit satisfait etc.  ( à relativiser bien sûr quand même !)

 

C’est sur le bien de l’autre  que se fonde l’autorité du parent qui repose sur la confiance que l’enfant a en ce parent : « oui, il dit cela pour mon bien, pour que je grandisse  … » ( On ne parle pas ici d’autorité perverse).

Le parent va en effet devoir dire « oui »  ou « non ». (« Oui » vient de « hoc ille », sous-entendu n’importe quel verbe : « c’est cela qu’il a fait ou dit etc. »).

Il doit dire l’interdit, c’est indispensable : c’est la parole qui est dite « entre »  la personne qui voudrait et la chose : une parole de permission ou de défense. Comme la personne à qui on dit cet interdit va devoir choisir de le faire sien ou non, c’est cet interdit qui lui donne en fait la possibilité de construire sa liberté, de la faire aller dans un sens ou dans l’autre..  (D’où l’importance, pour nous parents, de choisir et de formuler nos interdits le mieux possible, ave diplomatie, écoute etc. … Nous, nous, savons très bien comment nous voulons qu’on nous annonce les interdits qui nous sont destinés à nous ! La «  chatouillosité »  n’est pas réservée qu’à nous !) Et mettons-nous à la place de celui à qui nous devons dire cet interdit pour qu’il soit, déjà, suffisamment bien perçu.

Et si l’enfant a bien compris que les adultes l’emmènent dans la bonne direction, il  leur obéira   pour aller dans la direction qui le fait grandir  vers cette autonomie si désirable et désirée !

 Obéir : c’est ob-audire : prêter l’oreille, écouter.

On n’écoutera évidemment pas quelque chose d’inaudible ou incompréhensible… Mais ce n’est pas que la parole qu’on écoute : l’enfant, tout comme le citoyen ou les autres adultes, tous, reconnaissent par expérience  « l’autorité » de ceux dont les explications  et  l’exemple sont la preuve qu’ils ont effectivement su grandir et qui mettent  leur expérience au service des plus petits ou des plus jeunes.

Ce n’est pas une parole mensongère qu’on écoute, ni une parole contredite par des actes, une théorie contredite  par des faits : l’exemple est souvent la plus forte des paroles, la plus forte des incitations. Ceux qui sont les mieux placés pour éduquer sont ceux qui peuvent être vus comme des exemples vivants du chemin qu’ils invitent l’autre à suivre.

 

On dirige un bateau à voile vers un but, à l’aide de plusieurs écoutes, avec une boussole, une girouette, et un sondeur… Je vous laisse poursuivre la comparaison…

A nous d’expliquer  à nos enfants que l’autorité a une cause et une raison indiscutables …et un sens global très  positif et utiles pour eux !

A nous de savoir leur dire l’utilité pour eux, pour le moment,  de cette autorité… et de leur montrer la direction de l’autonomie  et de la liberté qu’ils souhaitent souvent si ardemment et si passionnément.

A nous, – avec des mots, des exemples, ou parfois dans un geste,  de leur donner confiance dans notre autorité qui n’a qu’un  but : les faire s’épanouir et être heureux.

 

Marguerite Champeaux-Rousselot, 2004

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